Le camion est arrivé chargé d'imposantes caisses en bois, dignes de celles utilisées pour le transport de pièces de musée. Et pour cause, elles viennent tout droit de la Galerie Dior, à Paris, qui expose les collections et archives de la maison de mode. Mais dans ces boîtes, point de tailleur iconique ou de robe majestueuse. Dans cet entrepôt de Gémenos (13), ce que les salariés de l'entreprise Cofrad extraient du camion avec précaution n'a pas l'air bien rare à première vue, puisqu'il s'agit d'un lot de mannequins de vitrines.

Mais dans les boutiques de mode, ce ne sont pas ces corps articulés qui attirent les regards, mais plutôt ce qu'ils portent. Pourtant, dans le monde du luxe, ces faire-valoir sont presque aussi précieux que les pièces elles-mêmes. Et à ce titre, ils se doivent d'être impeccables. Pas un éclat de peinture ni une seule bosse ne sauraient être tolérés.

Or Dior a tenu à ce que ces "tops modèles" en résine de synthèse soient peints en noir. «En plus d'être chic et intemporel, le noir absorbe la lumière, ce qui permet au mannequin de s'effacer pour que le vêtement focalise toute l'attention», relève Christophe Israël, propriétaire et président de Cofrad. Sauf que cette couleur rend le moindre éclat ou accroc bien plus visible. D'où la nécessité, entre deux expositions, d'entretenir ces corps maltraités par des épingles et des vis. 

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