EasyJet s'envole de plus de 10% à la Bourse de Londres ce lundi 1er juin au matin après l'annonce par la société d'investissement américaine Castlelake qu'elle envisage une offre de rachat de la compagnie aérienne britannique, qui dénonce de son coté une approche «opportuniste». Le fonds américain avait annoncé vendredi en fin de journée qu'il en était «aux premiers stades d'examen d'une éventuelle offre» visant EasyJet, précisant qu'il n'existait «aucune certitude qu'une offre sera déposée» et à quel prix. Il doit annoncer son intention ferme de faire une offre ou renoncer au plus tard le 26 juin.

Le transporteur pointe dans un communiqué ce lundi «le caractère très opportuniste du calendrier, alors que le cours de l'action EasyJet est temporairement déprimé en raison de la situation actuelle au Moyen-Orient et de son impact sur la confiance des clients et sur les prix du kérosène». Le Conseil d'administration de la compagnie, qui a vu son action à la Bourse de Londres fondre de plus de 20% sur un an, précise n'avoir eu à ce stade «aucune discussion avec Castlelake et n'a reçu de sa part aucune approche ni aucune proposition» officielle.

EasyJet fragilisée par les pertes et le contexte géopolitique

Le cours d'Easyjet à la Bourse de Londres bondissait de 10,58% à 440,10 pence peu après l'ouverture, un niveau qui correspond à une capitalisation boursière de 3,3 milliards de livres (3,8 milliards d'euros). Castlelake a précisé ce lundi, dans un nouveau communiqué, détenir déjà 2,14% du capital de la compagnie aérienne. Easyjet a aussi pointé «les importants défis réglementaires, financiers et autres, liés à la mise en œuvre d'une éventuelle prise de contrôle». Le Conseil d'administration «examinera toute proposition qui pourrait être formulée» mais «sera particulièrement attentif à la valorisation et à la capacité de mener l'opération à son terme».

Pour Richard Hunter, analyste chez Interactive investor, l'approche de Castlelake s'explique par la baisse de l'action d'Easyjet ces derniers mois mais «la complexité de l'opération» et le prix qui pourrait s'avérer trop faible pourraient être «des obstacles significatifs». EasyJet avait publié en mai une perte alourdie sur un an au premier semestre de son exercice décalé, pénalisée par la guerre au Moyen‑Orient qui a entraîné une hausse des prix du carburant. Si la période est traditionnellement une saison de perte pour les compagnies aériennes, Easyjet avait alors prévenu que le second semestre serait lui aussi affecté par le conflit.