Figurez-vous un champion cycliste éblouissant qui avale les cols dans des conditions météo détestables. Et puis patatras ! Dans l’ultime descente, alors que le climat est redevenu clément, son épopée s’achève par une spectaculaire sortie de route. C’est un peu la mésaventure survenue à Peloton, la superstar américaine du matériel de fitness qui compte Usain Bolt ou même Joe Biden parmi ses utilisateurs.

La mar­que de vélos d’appartement chics et connectés a fait un carton à l’époque du Covid. Au printemps 2021, près de 6 millions de fanas d’exercice étaient abonnés à ses plateformes, quatre fois plus qu’en 2019. Mais quand les activités de plein air ont repris, l’engouement a fléchi. Et Wall Street n’a pas apprécié. Après avoir été portée aux nues – sa capitalisation boursière avait frôlé les 50 milliards de dollars fin 2020 –, la start-up de la transpiration est ­revenue sur terre. Elle ne vaut plus «que» 8 milliards aujourd’hui, la pire chute de ces derniers mois au Nasdaq, la place new-yorkaise où sont cotées les entreprises du numérique.

Lot de consolation, Peloton partage le revers de fortune de la plupart des valeurs dites «stay at home», pour qui la crise sanitaire et la sédentarité forcée avaient été une bénédiction. De grands noms de la tech sont concernés, comme Netflix, le roi des séries en streaming, dont l’action a perdu 45% depuis l’été dernier ; Meta, l’ex-Facebook (– 50%) ; ou Zoom, le service de réunion en ligne (– 78%). «Ces entreprises étaient en plein boom alors que le reste de l’économie reculait. La Bourse a alors logiquement parié sur leur croissance phénoménale, note Benoît Flamant, analyste chez Coges. Quand on est revenu à une vie quasi normale, leur envol s’est cassé net.»

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