
Cette fois, l’aventure semble se terminer bel et bien. C'est l'une des places de marché les plus anciennes du web français qui pourrait bientôt disparaître. La direction de Rakuten France a présenté ce jour à ses représentants du personnel ainsi qu’à tout ses salariés un projet de cession voire de fermeture de son activité de e-commerce.
L’histoire a débuté en France en 2010 quand le groupe nippon de services numériques a racheté le pionnier de l’e-commerce français, PriceMinister, avant de donner son nom à l’activité, devenue Rakuten France. Déjà à l’époque, l’activité était déficitaire.
Multiplier les investissements et innovations pour s'imposer
Ces 16 dernières années, Rakuten a pourtant multiplié les investissements et les innovations pour tenter de s’imposer dans un environnement ultra-concurrentiel, où d’autres gros acteurs français comme Cdiscount ne trouvent également pas leur rentabilité.
L’entreprise a notamment misé sur son programme de fidélité Club R et le développement du cashback pour attirer de nouveaux clients dans un contexte de pouvoir d’achat contraint. Elle a aussi tenté de tirer parti de l’essor de la seconde main et du reconditionné en renforçant son offre face aux leaders spécialisés Leboncoin, Vinted et BackMarket également en difficulté.
L’entreprise a également beaucoup investi dans l’IA en France, notamment avec l’installation de son centre technologique européen à Paris en 2025 ou le lancement de sa place de marché en Espagne, grâce à l’intelligence artificielle.
Mais dans un marché structurellement déficitaire et reconfiguré, notamment par le géant Amazon et ses ressources logistiques colossales, ces efforts n’ont pas suffi à enrayer la tendance et la marketplace généraliste n’est jamais parvenue à trouver un équilibre économique. Selon les informations obtenues par Capital, le nombre de clients a chuté de 33% en dix ans, tandis que la fréquentation du site a reculé de 42% sur la même période.
Une recherche de repreneur et un maintien du Centre technologique à Paris
Contactée, Rakuten France n’a pas souhaité faire de commentaires sur sa situation économique. L’entreprise indique néanmoins privilégier la reprise de son service, « dans la continuité des investissements et innovations menés ces dernières années pour soutenir le développement de la marketplace de Rakuten en France ».
« En cas d’arrêt de l’activité, la priorité de Rakuten France sera de déployer un accompagnement social adapté pour chacun des collaborateurs concernés. Le Groupe s’engage à prendre le temps nécessaire pour trouver une solution adaptée pour chacun, en s’appuyant sur des mesures d’accompagnement pertinentes », déclare-t-elle.
Rakuten précise également que le Groupe « reste engagé en France et en Europe à travers ses autres entités qui poursuivent leur développement : Rakuten Symphony, Rakuten TV, Rakuten Viki, Rakuten Kobo, Rakuten Viber et Rakuten Advertising » et indique vouloir maintenir son Centre technologique Rakuten Europe à Paris.
À défaut d’un repreneur, la fermeture définitive de la marketplace Rakuten en France est envisagée à partir du troisième trimestre 2026. Dans l'intervalle, une période de transition serait prévue pour permettre aux acheteurs et aux vendeurs encore actifs sur la plateforme de s'organiser pour migrer vers d'autres solutions.



















