Pendant plusieurs années, l’enseigne Action avait la mainmise sur le marché européen du discount. L’entreprise, qui a engrangé plus de 13,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, et qui dispose d’un réseau de 3 000 magasins, se distingue par sa croissance à grande vitesse et son efficacité. Mais c'est sans compter sur l’arrivée d’un discounter allemand Tedi, qui ambitionne de s’imposer sur ce marché, selon l'Essentiel de l'Eco. Fondée en 2004, à Dortmund, l’enseigne est reine sur le marché allemand du discount, mais s'étend rapidement. Elle possède actuellement 3 600 magasins, dans 15 pays.

Avec plus d’un magasin ouvert par jour, et un chiffre d'affaires de plus de 3 milliards d’euros, l’enseigne est désormais incontournable en Allemagne, où elle compte 2 000 points de vente. Action, de son côté, n’en a que 600. L’ambition est claire : 10 000 magasins en Europe à long terme, un objectif à la hausse puisqu’il s’élevait à seulement 5 000 initialement en 2029. L’enseigne est en pleine expansion puisqu’elle ouvre plus de 400 boutiques en 2024-2025. Le concept du magasin est simple : il s’inspire des Dollar stores américains, et repose sur une offre large de références à un euro ou moins, et d’un produit sur trois à moins de 3 euros.

Une expansion fulgurante mais encore fragile en France

La filiale française de Tedi est portée par David Moulin, depuis 2024. Ex-professionnel du retail passé chez Monoprix et Fnac-Darty, il a participé à faire franchir à l’enseigne la barre des 100 magasins, alors qu’elle en comptait plus de 80 à l’été 2024. Pour accompagner la croissance de l’enseigne, elle a engagé un processus de rebranding en 2024-2025, en revoyant sa charte graphique, son système signalétique en magasin, et sa mascotte. Un programme qui sera lancé dans toute l’Europe d’ici avril 2026.

Toutefois, l’implantation en France de Tedi est fragile. Son chiffre d’affaires de 29 millions d’euros en 2024 est contrebalancé par 4,6 millions de pertes, provoquées notamment par son acquisition. Une rotation importante des effectifs a été remarquée, et le commissaire aux comptes a même indiqué avoir des réserves sur la gestion des stocks. En parallèle, Tedi prépare un entrepôt régional commun pour la France, le Portugal et l’Espagne afin d’améliorer ses flux.