Ils sont 15 000 Français à avoir le statut de sportif de haut niveau. Mais tous n’ont pas des carrières mondiales ni la chance de signer des partenariats avec des grandes marques comme le champion de natation Léon Marchand, ambassadeur du groupe de luxe LVMH et égérie de Louis Vuitton, ou encore les footballeurs tels que Kylian Mbappé pour Nike et Antoine Griezmann pour la griffe de mode Mango.

Ils sont nombreux à ne pas être sous le feu des projecteurs et à peiner à financer leur préparation pour les compétitions, à l’image de Jerry Leconte (23 ans), membre de l’équipe de France d'athlétisme. Dans un entretien à Capital, il a évoqué ses difficultés pour financer sa carrière de sportif, dont le budget annuel s’élève à 20 000 euros. N’ayant pas de sponsor malgré ses nombreuses démarches effectuées auprès d’entreprises, il doit payer de sa poche ses déplacements, son équipement et ses coachs. Il a alors décidé en janvier 2024 de lancer une cagnotte sur le site Leetchi pour financer sa préparation à l'approche des Jeux Olympiques de Paris 2024. 313 personnes ont participé et le montant de la cagnotte s’est élevé à plus de 8 700 euros.

63% des sportifs ont du mal à se reconvertir

Si les temps sont durs pendant leur carrière, que deviennent ces athlètes de haut niveau une fois qu’ils raccrochent et reprennent une vie «normale» ? Selon une étude d'Alibaba.com (la plateforme d’e-commerce chinoise), menée auprès de 427 anciens sportifs professionnels au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne et en France entre le 14 et le 20 juin 2024, près des deux tiers (63%) d’entre eux ont du mal à trouver une nouvelle carrière après le sport. Si 76% pensent avoir des compétences applicables à l'entrepreneuriat, seulement un peu plus de la moitié (52%) dirigent actuellement leur propre entreprise. Un pari réussi pour l’ancien médaillé d’or en biathlon au Jeux Olympiques de Turin de 2006, Vincent Defrasne, qui est à la tête d’une marque de vêtements techniques, Ayaq.

Mais tout n’est pas perdu ! Partenaire olympique mondial depuis 2017, Alibaba.com a annoncé, mercredi 31 juillet, son association avec le Comité International Olympique (CIO) dans le cadre du programme Athlète 365 Business Accelerator. L'objectif : aider les anciens sportifs dans leur transition professionnelle afin de les former pour devenir entrepreneurs.

Tony Parker et Simona Galik Moore comme ambassadeurs

Une annonce qui a été faite en grande pompe ! Alibaba.com a sorti le grand jeu et les stars étaient au rendez-vous. Dans son pavillon installé sur les Champs Elysées, à deux pas du site olympique de skateboard ou encore du basketball, tout le staff du groupe était présent -même le président, Kuo Zhang, a fait le déplacement. À ses côtés, deux légendes du sport : le basketteur mondialement connu Tony Parker et la tenniswoman Simona Galik Moore, ambassadeurs d’Alibaba.com. «Ils sont l’incarnation de l’esprit des athlètes entrepreneuriaux qui ont eu le cran d’investir dans des start-ups», explique à Capital Michelle Lau, directrice générale d’Alibaba.com en France.

Dans ce programme 100% digital, les athlètes bénéficient d’outils et des services pour leur permettre de créer leur entreprise : des séances de formation en ligne, l’utilisation de l’intelligence artificielle, des conseils pour l’export... Parmi les candidats formés, dont le programme est financé en totalité par le comité olympique, 50 seront sélectionnés pour aller plus loin. «Le comité va retenir les meilleurs dossiers avec les idées les plus novatrices et le business model le plus avancé», nous indique Michelle Lau. À la clé ? Une «bourse» d’un montant de près de 10 000 euros qui leur ouvrira les portes de formations plus spécifiques, des mises en relation avec des fournisseurs et des services VIP notamment pour étoffer leur carnet d’adresses. La concrétisation du programme ne va pas tarder. «Nous allons commencer après les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris (qui se terminent le 8 septembre, ndlr)», ajoute la directrice France d’Alibaba.com.