Elles sont blanches, colorées, rayées la plupart du temps et privées… Démocratisées au XIXe siècle, les cabines de plage font partie intégrante du décor des plages normandes. Si la première date de 1820, ces cabines se sont ensuite démocratisées et n’étaient plus uniquement utilisées pour le bain. Elles confirmaient une position sociale. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, elles sont devenues un autre symbole : celui de la liberté, des vacances, des retrouvailles entre amis. De Ouistreham à Courseulles-sur-Mer, en passant par Gouville-sur-Mer, Le Tréport, Houlgate ou encore Deauville, ces cabanes sont un joyau pour leurs propriétaires.

Pour autant, est-ce possible d’en acquérir une ? Selon France 3 Normandie, la donne est toujours compliquée. En effet, au Havre par exemple, toutes les cabanes sont revendues en famille ou entre connaissances. «Les gens vendaient leur cabane à une connaissance, la personne prenait la cabane et l’emplacement, c’était bien», reconnaît Pierre Bénard, porte-parole des cabanistes havrais. Mais depuis cet été, les règles ont changé. Il n’est plus possible de vendre l’emplacement. Selon le maire, ça a toujours été le cas, mais ce n’était pas écrit noir sur blanc.

De plus en plus de cabines en location

Chaque propriétaire peut acheter une cabane, mais doit s’acquitter ensuite d’une redevance d’occupation des sols. Les propriétaires actuels s’interrogent : «Qui va acheter une cabane s’il n’y a pas d’emplacement ?», lance Pierre Bénard. De son côté, la ville du Havre défend un principe d’équité et veut que toute personne souhaitant accéder à un emplacement puisse le faire en ne cédant pas «au plus offrant». Une petite révolution qui fait tache d’huile. Selon France 3, à Gouville-sur-Mer, aucune cabine ne peut désormais être vendue sans que la mairie ne soit avertie.

La mairie veut qu’elles appartiennent «à des gens qui les font vivre» et non à «des futurs propriétaires qui viendraient de région parisienne une semaine par an». En outre, ces cabines blanches aux toits colorés doivent être entretenues toute l’année et il est interdit d’y dormir. Il est donc toujours compliqué d’en acheter une, mais au Havre, on a trouvé une autre solution : la location. À la semaine ou le temps d’un week-end, il est possible d’y séjourner.

Un système de location également mis en place au Tréport, mais pour une saison complète. Si les forfaits varient de 467 à 668 euros selon la saison et la taille de la cabine, les prix sont plus élevés pour les non-résidents de la commune : comptez entre 700 et 1 000 euros !