C’est mal parti : les lobbys de l’immobilier sont déjà en train de s’affairer en vue des élections présidentielles pour qu’enfin le logement soit au cœur des programmes des candidats. Eh bien, le moins qu’on puisse dire est que ça part mal. Avez-vous pris la peine de lire les engagements des différentes listes ? Statistiquement, deux lecteurs sur trois du présent billet ne sont pas allés voter, et il serait donc assez surprenant que ces deux là se fussent attardés sur les programmes. Quand au tiers des votants, ils auront eu beau chercher des idées pour le logement, il n’en auront pas trouvé beaucoup. Tout au plus deux ou trois lignes par acquit de conscience. Chez certains candidats, on peut même déplorer un silence, une impasse.

On entend déjà les objections : oui, mais les départements et les régions n’ont pas de compétence directe sur le logement. Certes, le pouvoir d’urbanisme est dans la main des municipalités, dont nous avons élu les responsables il y a plusieurs mois. Il reste que les départements, en charge des affaires sociales, touchent par ce biais-là à l’habitat et aux habitants, notamment les plus fragiles. On se rappellera également que l’essentiel des droits de mutation à titre onéreux (les frais de notaire pour le dire improprement) vont aux assemblées départementales. Les régions, en charge de l’économie locale, ont aussi partie liée avec le logement, par exemple  pour la rénovation énergétique. En somme, les programmes pour ces élections locales auraient dû faire au logement une place plus importante. Il va quand même falloir se demander pourquoi, à chaque échéance électorale, le logement compte pour un parent pauvre.

On note d’abord que l’impasse ne porte pas sur tout le secteur : les élus ou ceux qui veulent le devenir connaissent en général les questions relatives au logement public, qu’on appelle à tort logement social. Pour être clair, le monde des organismes HLM leur est connu : le service public du logement, codifié par l’État, financé par l’État avec des circuits de financement identifiés et stables, est proche des élus et réciproquement. Un seul interlocuteur également, qui a des relations d