
L’été est la période propice pour faire ses premières expériences. Parmi celles-ci, trouver son premier emploi figure sur la liste. Chaque année, de nombreux contrats saisonniers sont à pourvoir. La Cour des comptes estime même qu’il y a un million et demi de travailleurs saisonniers, dont la moitié est employée dans le secteur du tourisme, l’autre dans celui de l’agriculture. Des secteurs cruciaux pour faire tourner l'économie.
La juridiction financière, rappelle qu’en 2023, le tourisme a pesé pour 8 % du PIB, avec 63,5 milliards d’euros de recettes générées par les visiteurs internationaux. La viticulture, autre pilier de l’économie, a représenté à elle seule 16 % de la production agricole, soit 15 milliards d’euros. Et il n’y a pas que les postes permanents qui font tourner la machine. «Ces secteurs économiques stratégiques ne peuvent se développer sans travailleurs saisonniers», pointent les magistrats dans un rapport du 4 juillet.
400 000 saisonniers en quête de logement
Pourtant, il y a un frein majeur, celui du logement (ou plutôt du non-logement). L'autorité chargée du bon emploi de l'argent public soulève un problème de taille : «Les juridictions financières estiment à 400 000 le nombre des saisonniers qui ont besoin d’un logement à proximité de leur lieu de travail. Sans logement sur place, leur recrutement est rendu plus difficile», mentionne le rapport. La question de l’hébergement des travailleurs saisonniers concernerait donc «a minima» environ 25 % d’entre eux.
Bien que le volume des hébergements proposés soit croissant par rapport à 2023, la localisation de certaines structures d’hébergement n’est pas en adéquation avec les lieux de travail, notamment loin du littoral. Ce frein au recrutement «constitue un handicap majeur pour le développement des activités touristiques ou agricoles». Mais qui est responsable ? Le problème est multifactoriel : offre insuffisante face à la demande toujours plus élevée, tension sur le marché immobilier dans les zones touristiques, employeur et collectivités territoriales qui se renvoient la responsabilité…. Même si l’autorité de contrôle souligne que les employeurs sont de plus en plus conscients de leur responsabilité, et que certains groupes, comme dans les stations de ski, les parcs d’attractions ou l’hôtellerie, ont déjà pris des initiatives.
Les solutions pour pallier la pénurie d’hébergements des saisonniers
La Cour des comptes souligne que l’évolution de la saisonnalité - avec des hivers plus courts, des étés qui s’allongent et une intersaison renforcée - modifie aussi les besoins en hébergement des saisonniers ainsi que leurs conditions de travail… Parmi ces propositions, la nécessité de structurer une politique globale, portée conjointement par l’Etat et les collectivités, et non plus seulement à l’échelle intercommunale. Si les solutions «viables» émergent souvent d’initiatives locales, elles devraient être mises en place à l’échelon le plus haut «pour assurer la cohérence des dispositifs et des financements».
La juridiction financière recommande également que les communes disposent, d’ici 2026, d’une ligne budgétaire spécifique pour mieux identifier, suivre et piloter les dépenses consacrées à l'hébergement des travailleurs saisonniers. Sur le terrain, l’organisme propose notamment de réactiver dès 2025 un réseau fédéré des maisons des saisonniers. Pour rappel, ces structures existent dans certains territoires pour accompagner ces travailleurs.




















