Après des années de bras de fer avec le fisc espagnol, Shakira vient de remporter une importante victoire judiciaire. La justice a ordonné le remboursement de plus de 55 millions d’euros à la chanteuse colombienne, estimant que les redressements fiscaux liés à l’année 2011 n’étaient pas fondés. Selon un document judiciaire consulté ce lundi 18 mai par l’AFP, l’Audience nationale, juridiction espagnole spécialisée dans les dossiers sensibles, a annulé les sanctions et redressements imposés à la star. La décision, rendue mi-avril, prévoit également «la restitution des sommes versées, assorties des intérêts légaux», rapporte BFM.

Le montant total du remboursement dépasse les 55 millions d’euros. Il comprend notamment plus de 24 millions d’euros d’impôt sur le revenu, près de 25 millions d’euros d’amende pour infraction jugée «très grave», ainsi que plusieurs millions supplémentaires liés à l’impôt sur le patrimoine et aux pénalités associées. Dans sa décision du 15 avril, la justice considère que «l'administration n'a pas démontré que la plaignante avait séjourné en Espagne (…) pendant plus de 183 jours».

Au cœur du litige : la question de sa résidence fiscale

Le tribunal souligne également que «peu importe que les Bahamas aient été ou non un paradis fiscal en 2011», un point au cœur des débats sur la résidence fiscale de la chanteuse. Depuis plusieurs années, Shakira est confrontée à plusieurs procédures engagées par l’administration fiscale espagnole. Les autorités estimaient qu’elle devait être considérée comme résidente fiscale en Espagne dès 2011, notamment en raison de sa relation avec l’ancien footballeur du FC Barcelone Gerard Piqué.

La chanteuse a toujours contesté cette version. Elle affirme s’être installée durablement à Barcelone seulement fin 2014 et avoir officiellement transféré sa résidence fiscale des Bahamas vers l’Espagne en 2015. Le fisc espagnol considérait pourtant qu’elle avait passé plus de 183 jours par an dans le pays entre 2012 et 2014, seuil au-delà duquel une personne est considérée comme résidente fiscale en Espagne.

Une régularisation de 6,6 millions d’euros

L’artiste avait déjà trouvé un accord avec le parquet espagnol en 2023 afin d’éviter un procès très médiatisé portant sur des accusations de fraude fiscale. Une autre procédure concernant l’année 2018 avait également conduit à une régularisation de 6,6 millions d’euros. Cette affaire judiciaire très médiatisée a même inspiré une série télévisée, Celeste, qui suit une inspectrice du fisc enquêtant sur une star internationale de la musique latine.

Malgré ces démêlés avec l’administration fiscale espagnole, Shakira poursuit sa carrière internationale. Elle doit notamment revenir sur scène en Espagne en septembre prochain avec plusieurs concerts programmés à Madrid, une première depuis 2018.