
L’affaire prend une nouvelle tournure. Selon El Pais, Jonathan Andic a été arrêté par la police catalane, ce mardi 19 mai, dans le cadre du meurtre présumé de son père, Isak Andic, président et fondateur de Mango, décédé à 71 ans, des suites d'une chute sur un sentier des montagnes de Montserrat le 14 décembre 2024. Placé en détention provisoire, le fils aîné a été remis en liberté après le règlement de sa caution d’un million d’euros pour sa remise en liberté. Toutefois, la justice l’oblige à comparaître de manière hebdomadaire, son passeport a été confisqué et il n’a pas le droit de quitter l’Espagne.
Durant l’interrogatoire, les autorités ont évoqué plusieurs indices contre l’homme d’affaires comme ses trois séjours à Montserrat la semaine de la chute de son père, un possible changement de testament et un téléphone portable disparu à Quito, en Équateur. Son entourage a réaffirmé son innocence et a demandé que, à tout le moins, son droit à la présomption d'innocence soit respecté. «Il n'existe aucune preuve légitime contre lui, et il n'y en aura aucune», ont affirmé les porte-parole de la famille Andic, qui ont exprimé leur conviction que «son innocence est absolue» et que l'enquête judiciaire le prouvera.
Un témoignage contradictoire et des relations tendues
D’abord considéré comme un simple accident, la police a changé son fusil d’épaule, en octobre 2025, en suspectant Jonathan Andic du meurtre, en raison des contradictions dans son témoignage. Les enquêteurs ont aussi découvert que, quelques jours avant l'accident, le fils aîné - seul avec son père lors de cette randonnée sur le mont Montserrat - s'était rendu au même endroit. Selon des sources proches de la défense, il s'agissait d'un préparatif.
Par ailleurs, les relations entre le père et le fils étaient parfois tendues, notamment concernant le rôle de Jonathan dans la gestion de l'entreprise. Après avoir laissé son fils reprendre l’entreprise en 2014, Isak Andic avait dû revenir un an plus tard pour constituer une nouvelle équipe et relancer l'activité. Une décision qui a dégradé leur entente.
Un désaccord sur l'héritage
L'héritage du défunt a aussi été un point de discorde dans la famille. Le testament qu'Isak Andic a signé devant notaire en juillet 2023 prévoit un partage équitable de l'héritage entre ses trois enfants et un legs qui consiste à léguer certaines sommes d'argent et certains biens à des personnes spécifiques. L'homme d'affaires – l'homme le plus riche de Catalogne avec une fortune estimée à 4,5 milliards d’euros selon Forbes – a laissé cinq millions d’euros à sa compagne, alors qu’elle réclamait 70 millions d'euros.
Un accord préliminaire avait finalement convenu un versement de 30 millions d’euros à la veuve.
Né en 1953 à Istanbul, en Turquie, Isak Andic avait émigré à l’adolescence en Espagne avec sa famille, avant d’ouvrir en 1984 une première boutique Mango à Barcelone. L’entreprise compte aujourd’hui environ 2 850 magasins dans le monde.



















