
1- Ambitions
Connu pour ses hôtels parisiens, le groupe Touriste s’est lancé dans l’univers du camping en 2022 sous la marque Campings Liberté. Depuis, il en a acquis quatre, dont un sur la Côte de Granit rose, en Bretagne, un à Lacanau (33), un dans les gorges du Verdon, et un tout nouveau à Anduze, dans les Cévennes. «On vise 10 à 15 campings d'ici trois ou quatre ans», annonce Adrien Gloaguen, PDG du groupe. Il a beau n’avoir jamais été au camping de sa vie, l’entrepreneur sait qu’il y a de quoi faire : un tiers des Français plébiscitent ce mode d’hébergement et, tandis que le tourisme global baisse, l’hôtellerie de plein air était en hausse de 0,9% en 2025, selon l’Insee-Le Monde.
2- Respiration
A la question «Pourquoi Liberté ?», le couple répond : «Parce que, à peine est-on arrivé, les enfants disparaissent. Ils savent où aller et on ne voit plus personne… c’est la liberté pour tout le monde.» Tout est fait pour que les parents et leur progéniture cultivent cette fameuse liberté : des animateurs sont là pour accueillir les enfants par demi-journée, des tournois sont organisés pour les ados, des boums sont interdites aux parents, et chaque camping est un espace fermé et sécurisé.

3- Club de vacances rétro
Si le projet est différent, on sent bien la patte Touriste chez Campings Liberté : pas d’animations bruyantes ni d’infrastructures tape-à-l’œil. L’ambiance relève plutôt du club de vacances rétro avec l’emploi de couleurs primaires, de tentes lodges et de la déco chinée. «On n’avait pas d’architecte, on a tout fait nous-mêmes et avons adapté les thématiques selon les régions», souffle Julie Revuz. Le résultat est joyeux et bon enfant, un genre de néocolonie de vacances.
Touriste a investi 20 millions d’euros dans Campings Liberté. Chaque camping fait environ 1 million d’euros de chiffre d'affaires.
4- Communauté
«Les gens vont autant qu’avant, si ce n’est plus, au camping. Ce sont les vacances disposant du meilleur rapport qualité-prix» soutient Adrien Gloaguen. Résultat, chez Campings Liberté, une clientèle d’irréductibles, présents parfois depuis trente ans, se mêle aux nouveaux venus, des urbains séduits par les services proposés et la diversité des logements (mobil-home et tente). «Ça crée une mixité sociale et plus de convivialité», assure l’entrepreneur, qui n’échappe pas à la tournée des tables chaque fois qu’il est de passage dans un de ses campings. Car, contrairement à un hôtel, un camping a besoin d’être incarné.

5- Les codes de l’hôtellerie
Fort de ses dix-huit ans d'expérience, le groupe se distingue en transposant son savoir-faire dans l'hôtellerie à ses campings. Ainsi, on y dort dans une literie digne d’un de ses 7 hôtels, avec de vraies couettes et de bons matelas. Tous les mobil-homes sont équipés d'une douche individuelle et, sur un emplacement nu, on peut demander désormais à se faire installer un Sanilodge avec douche, cuisine et toilettes individuelles pour seulement 30 à 40 euros de plus.
6- Un camping raisonné
Plutôt que de construire du neuf, Touriste privilégie le rachat et la transformation de campings déjà existants. Le but : révéler le lieu en y touchant le moins possible et en évitant de bétonner. Cette notion de durabilité se retrouve partout : les mobil-homes troquent le PVC blanc pour du bois brulé, de la toile de coton épaisse et des matériaux biosourcés. Les campings proposent aussi le tri de déchets, des jardins d’herbes aromatiques pour la cuisine et un système antigaspi pour déposer les produits non ouverts afin que d’autres en profitent.
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