Un jeune sur deux a déjà utilisé l’IA pour rédiger sa lettre de motivation. C’est ce qui ressort de l’enquête menée par Preply et l’institut de sondage Censuswide en avril 2026 auprès d’un panel de 1 501 Français (répartis équitablement par génération). Plus précisément, 53 % des 18-24 ans sondés et 43 % des 25-34 ans interrogés ont déjà utilisé l’IA pour en rédiger une à leur place, contre 29 % du reste des personnes interviewées.

Mais alors comment faire pour rédiger une bonne lettre de motivation avec l’aide de l’intelligence artificielle générative ? Le premier conseil de Marjolaine Grondin, ancienne CEO de Jam et fondatrice du bootcamp IA, est de ne plus utiliser Chat GPT mais de privilégier l’assistant IA Claude, Claude Cowork plus précisément, qui « reste au-dessus des autres ». Gemini et Mistral ? « Elles se défendent bien mais Claude les surpasse », tranche-t-elle.

Tu seras mon éditrice

Comment faire pour bien utiliser l’IA pour rédiger une bonne lettre de motivation sans que cela se voie ? Lui dire de ne pas le faire à votre place : « Si vous voulez que cela prenne peu de temps mais que ce soit pertinent, il faut lui demander de ne pas écrire à votre place, explique l’experte. Mais de poser des questions, vous faire réfléchir et vous aider comme une éditrice le ferait en faisant ressortir les points les plus importants par exemple ». D’autant plus si c’est un texte assez personnel dans lequel le candidat est censé expliquer pourquoi il a choisi de postuler à ce poste dans cette entreprise.

« En donnant les bonnes informations sur le poste à travers un chat constructif, l’IA est capable de proposer une structure ou un plan, relire un brouillon, proposer de développer certains points qui s’avèrent pertinents pour finalement arriver à un résultat abouti », assure Marjolaine Grondin. Comme une vraie conversation qu’un écrivain pourrait avoir avec une maison d’édition. Sinon, la plupart du temps, les lettres rédigées de A à Z par une IA sont rapidement écartées par les recruteurs.

Pas de prompt magique

Pour les plus pressés, paresseux et/ou peu habitués à l’exercice avec l’IA, il est bien sûr possible d’obtenir un premier jet d’écriture pour partir d’une base existante. Mais attention il n’y a pas de recette magique : « Il n'y a pas de prompt magique, un texte précis qui marcherait à tous les coups, révèle-t-elle. Ce qui compte aujourd'hui ce n'est pas tant le prompt que le contexte ». Pour cela, la meilleure manière de procéder est de lui fournir l’annonce en question, tous les éléments de votre parcours et pourquoi pas des exemples de lettres de motivation qui ont déjà eu du succès. Il est également possible de lui demander de prendre exemple sur la bonne structure d’une lettre de motivation.

Les deux derniers hacks de l’experte ? « Après une première version, proposez-lui un guide de l’écriture anti-IA que l’on trouve facilement sur Internet pour que l’IA supprime les abus de langage ou la structure en trois temps par exemple et fasse une seconde version. En fait, elle peut améliorer sa propre écriture». Sinon, il existe même des intelligences artificielles pensées pour humaniser un texte écrit par l’IA, notamment DecopyIA ou TextGuardAI.