
Une étude de l'APEC de 2024 révélait que la moitié des entreprises ne demandaient pas de lettre de motivation pour le recrutement d’un cadre. Les raisons évoquées ? L’inutilité de l’exercice et la volonté de faciliter l’acte de candidature arrivent en tête des réponses. Si 2 % des répondants seulement affirment manquer de temps pour lire les lettres de motivation, c'est surtout que celles-ci ne sont pas le premier élément de sélection : «c’est bien sûr le CV qui est regardé en premier, pointe Chrystal Le-Liegard, consultante en développement professionnel à l’APEC. S’il n’est pas retenu, logiquement, la lettre de motivation ne sera pas lue».
En tant que candidat, engagez votre énergie et votre temps en fonction de cette réalité : «si la lettre de motivation n’est pas demandée, ne perdez pas de temps à en rédiger une, conseille l’experte. Si elle est demandée, elle ne doit pas se faire au détriment du CV. Tout miser sur la lettre de motivation n’est pas stratégique». Gardez aussi en tête que celle-ci peut être lue plus tard, parfois même après l’entretien, si le recruteur veut se remémorer votre candidature : c’est une pièce versée à votre dossier, et contrairement aux paroles, les écrits restent !
Réfléchir à sa motivation avant d’écrire sa lettre
«La lettre de motivation garde tout son intérêt si on joue le jeu, affirme Chrystal Le-Liegard. Elle est complémentaire du CV et donne d’autres informations sur le candidat au recruteur.» Loin de paraphraser le CV, elle doit montrer la motivation et la personnalité du candidat. D’où l’importance de la personnaliser en fonction de l’entreprise.
Avant de la rédiger, prenez le temps de comprendre ce qui vous motive à postuler : les missions ? La culture d’entreprise ? Ses valeurs ? «On ne rêve pas de devenir consultant depuis l’enfance, illustre Chrystal Le-Liegard, mais on peut apprécier le programme d’évolution à l’international d’un cabinet de consulting, ou sa politique en faveur de la formation de ses salariés, ou encore ses valeurs, en accord avec les nôtres… Avoir repéré ces points communs permet d’exprimer avec sincérité son intérêt pour le poste.» Ce travail est d’autant plus utile qu’il vous permettra de ne pas être pris au dépourvu lors de l’entretien : vous saurez expliquer pourquoi vous vous engagez dans le processus de recrutement puisque vous savez où vous allez.
Un atout pour marquer des points
Reste alors à construire une lettre de motivation qui renforce votre candidature : «privilégiez la structure ‘vous-moi-nous’, recommande la consultante. Expliquez ce qui vous motive dans le poste, puis montrez ce qui, dans votre parcours, peut intéresser l’entreprise, vos réalisations probantes par rapport à ses besoins, et concluez en invitant à construire ensemble la prochaine étape».
Faites attention au choix de vos formulations : «trop souvent, on voit dans les lettres de motivation un déséquilibre, avec des formules comme ‘je me permets de’ ou ‘restant à votre disposition’, pointe Chrystal Le-Liegard. Certes, vous cherchez du travail, mais n’oubliez pas que l’entreprise cherche des compétences ! Placez-vous à égalité». Notez que cette subtilité du langage échappe totalement à l’intelligence artificielle : évitez de vous fier à elle pour rédiger une lettre de motivation à votre place…
Bien qu’elle soit en perte de vitesse, la lettre de motivation n’a donc pas disparu. «Au contraire, conclut la consultante, vu comment elle est traitée par la plupart des candidats, une lettre de motivation soignée peut être un moyen de se démarquer et de marquer des points !»



















