
L'indépendant
Plusieurs fois approché, Jean Touitou avait toujours refusé de vendre la marque de vêtements intemporels qu’il a fondée en 1987. Mais, en 2023, il cède A.P.C. à L Catterton, filiale de la holding familiale de Bernard Arnault, désormais actionnaire majoritaire, qui entend développer le réseau de boutiques à l’international.
Un scénario sur la mode
Passionné de cinéma, il passe à l'écriture de scénario. Il a d'abord publié les premiers épisodes sur la plateforme d'auto-édition Substack, poursuit l'écriture avant de le présenter à une boite de production. «L'intrigue se présente comme une dystopie de mode. On part d'une crise de la consommation des produits de luxe qui débouche sur un conflit mondial avec l'invasion de Taïwan . Le monde de l'art s'écroule, des réseaux d'influence se déchirent. On suit ce feuilleton épisode par épisode.»
Une affaire de famille
Pudique sur sa famille, Jean Touitou aime être entouré des siens: son épouse Judith est indissociable de l'aventure A.P.C., son fils est un célèbre cuisinier, sa fille écrit. Lui est un patron atypique. Au siège, il avait installé un studio de musique. Dans ses boutiques, ses vendeurs ont ce petit quelque chose en commun, un style maison. Depuis la vente, il voyage, observe, ne cesse d'avoir des envies. «J'aime dénicher la bonne idée, la bonne esthétique. Un truc de ma libido passe par ce double ressort-là.»
Le passage à l'écriture
«L'école n'était pas trop mon truc.» Né en Tunisie, arrivé en France à 8 ans, sa maman le scolarise quand même à l'Ecole alsacienne, réputée pour son côté humaniste et sa sociologie aisée et intellectuelle. C'est là qu'il tisse ses premières amitiés artistiques. S'il aime les mots d'esprit, il garde une certaine pudeur sur ce qui touche à sa vie. En ce moment, il écrit ce qui deviendra peut-être un jour une autobiographie. Il en parlera lorsque cela sera achevé.
La musique
A.P.C. fait aussi des compilations musicales. Mais pas seulement. «J’ai 25 albums à mon actif, comme producteur ou compositeur. Un disque remixant du dub que j’avais fait à Cuba s’est écoulé à 100 000 exemplaires. Tous les six mois, je produis de nouveaux morceaux avec ma boîte, Section musicale.» Prochaine étape : donner une existence à ce catalogue en signant avec un label.
La terre et le vin
Les gens connaissent moins le côté bon vivant de ce créateur esthète. Et pourtant, il a un côté terroir, attaché aux lieux. «Depuis 12 ans, j'ai une maison en Italie, à Pantelleria. Mes meilleurs amis font leur vin naturel. On a fait aussi le nôtre, pour les copains car une loi italienne permet de produire 999 bouteilles par famille sans en faire une activité». En Tunisie, il se rapproche d’un industriel pour démarrer une production locale. Une deuxième cuvée sort en avril.
- Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
- Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
- Lecture immersive, publicité limitée
- Sans engagement


















