
Le monde de la mode a perdu un grand homme. Le 4 septembre dernier, Giorgio Armani s’est éteint à l’âge de 91 ans. Son style, ses créations sont devenus petit à petit le symbole du pouvoir et du succès, à commencer par ses costumes. En cinq décennies, il aura surtout construit un empire mondial dont le chiffre d’affaires atteignait 4,15 milliards d’euros en 2019. Parfums, hôtels, design d’intérieur et mode faisant de lui un homme riche. Mais huit jours après le décès du célèbre créateur, son testament vient d’être ouvert.
Et s’il n’avait pas d’enfants, ses héritiers pensaient peut-être mettre la main sur cet empire. Ils viennent quelque peu de déchanter, indique Le Parisien. Car deux documents signés en mars et en avril dernier, qui n’avaient jusqu’alors pas fuité, donnent des instructions à la Fondation Armani. Cette dernière doit céder dans les dix-huit mois qui viennent 15% des parts : soit au numéro un mondial du luxe, LVMH, soit au numéro un mondial de la beauté, L’Oréal, soit au leader de la lunetterie EssilorLuxottica. Elles peuvent enfin être cédées à un autre groupe de «statut égal» identifié par son partenaire et compagnon Pantaleo Dell’Orco, qui va diriger la Fondation.
Bernard Arnault «honoré»
Les documents précisent que l’acquéreur, et lui seul, pourra racheter 30% à 54,9% dans les trois à cinq prochaines années. Dans un communiqué relayé par l’AFP, Bernard Arnault s’est dit «honoré» par cette possibilité et le fait qu’on nomme LVMH comme «acteur susceptible de nouer un partenariat» avec Armani. Le milliardaire ajoute : «Giorgio Armani était un véritable génie le seul grand couturier, avec Christian Dior, qui a construit et dirigé une marque mondiale tant sur le plan du style que sur le plan industriel.»
Dans le cas où LVMH pourrait travailler avec la Fondation Armani, le géant du luxe «aurait à cœur de renforcer encore sa présence et son leadership dans le monde entier». Si Pantaleo Dell’Orco et les neveux de Giorgio Armani ne choisissent pas une de ces options, le groupe devra être introduit en Bourse (en Italie ou sur un marché de même importance). Mais les documents détaillent d’autres points-clés à respecter. Selon Le Parisien, qui a eu accès à ces informations, il faudra poursuivre son travail à «la recherche d’un style essentiel, moderne, élégant et discret».
Ses biens personnels à sa famille
Il faudra aussi apporter «une grande attention à l’innovation, à l’excellence, à la qualité et au raffinement du produit» ou encore travailler «de manière éthique, avec intégrité morale et correction». Après avoir repoussé des offres de Gucci ou encore de John Elkann (famille Agnelli), ce testament a de quoi étonner. D’autant qu’il avouait fin août au Financial Time son souhait de léguer son empire «progressivement» à ses proches et «aux membres de ma famille et à l’ensemble de l’équipe de travail».
Quid des biens personnels ? Là encore, ils reviennent à diverses personnes, de sa sœur Rosanna à son compagnon Pantaleo Dell’Orco, en passant par ses nièces Silvana et Roberta, son neveu Andrea Camerana, et les filles de ce dernier, Margherita et Maria Vittoria. Cela comprend une maison à Saint-Tropez, une villa aux Etats-Unis, un palais à Milan, des appartements à Paris et New York et de nombreuses œuvres d’art. Parmi elles, un dessin de Matisse devra quitter le palais de Milan. Enfin, une police d’assurance revient à la fille d’un ami d’Armani et PDG d’une société immobilière.




















