Ce n'est pas un hasard si l’intelligence émotionnelle occupe le devant de la scène des formations et du coaching professionnel : théorisée dans les années 1990 aux Etats-Unis par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, puis popularisée par Daniel Goleman, elle permet, entre autres, de réagir de manière adéquate dans des situations tendues et de renforcer son leadership et sa capacité à prendre des décisions. Autant dire qu'elle constitue un atout non négligeable pour améliorer le quotidien au travail.

«L'intelligence émotionnelle compte quatre grandes dimensions, deux pour soi-même et deux dans la relation avec les autres», développe Claire Lauzol, fondatrice du cabinet Expert Tribe et autrice, avec Didier Noyé et Régis Rossi, du livre Intelligence émotionnelle (Eyrolles). Développer son intelligence émotionnelle signifie d’abord d’être à l’écoute de ses propres émotions et d’identifier ce qu’on ressent. Un vrai travail, pas si simple, mais pour lequel il est possible de s’exercer. Une fois ses émotions identifiées, reste à trouver la bonne façon de les exprimer.

«Il s’agit de canaliser ses émotions pour qu’elles accompagnent de ce qu’on a envie de dire et confortent le rapport aux autres qu’on souhaite établir, poursuit Claire Lauzol. Par exemple, trouver le moyen de manifester sa colère de manière adaptée, plutôt que d’être le jouet de son émotion et d’exploser !» Dans un deuxième temps, affûter son intelligence émotionnelle consiste à mieux identifier les émotions de l’autre, en s’appuyant par exemple sur les signaux envoyés par la communication non-verbale. Il devient alors plus simple d’aider ses collaborateurs, coéquipiers ou manager, à canaliser les leurs.

Si les émotions trouvent leur origine dans une éducation et une histoire personnelle, l’EI est bien une compétence, qui progresse à force d'utilisation. «Il faut en avoir envie, puis s’entraîner régulièrement, pour ancrer en soi de nouvelles habitudes», souligne Coralie Delfosse, psychologue du travail, consultante senior au cabinet d’accompagnement managérial Greenworking. Le travail ne sera pas le même pour tout le monde. «Il n’y a pas de cheminement unique, les besoins sont différents. Certains ont déjà l’habitude de l’introspection et savent se contrôler, mais ignorent comment aller vers les autres. Ils auront plutôt besoin de développer leur empathie et l’écoute bienveillante», souligne Didier Noyé, spécialiste du développement des ressources humaines. Mais, précise-t-il, «Personne ne part de zéro.»

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