
C’est un constat en demi-teinte que fait la Cour des comptes. Dans leur rapport public annuel publié ce mercredi 25 mars, les Sages de la rue Cambon dressent un bilan positif du chômage qui a chuté depuis 2017, passant de 9,6% à 7,5% au deuxième trimestre 2025. Pour autant, dans de nombreux départements à l’instar des Pyrénées-Orientales, du Nord, de la Guadeloupe ou de La Réunion, l’écart avec la moyenne nationale reste similaire à celui observé plusieurs années auparavant. Ainsi, le rapport pointe du doigt une évolution du taux de chômage qui suit la tendance nationale «sans résorption ni aggravation des disparités», rapporte Challenges.
Pour expliquer une telle situation, la Cour des comptes met en avant l’absence d’objectifs précis dans les politiques de l’emploi en ce qui concerne la réduction des inégalités territoriales. Il faut dire que dans les documents budgétaires, tout comme dans la convention pluriannuelle entre l’État, l’Unédic et France Travail, cette réduction des écarts territoriaux n’est pas définie comme un objectif prioritaire à l’exception de certains quartiers prioritaires. Un constat que le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, ne conteste d’ailleurs pas, lui qui assume en annexe du rapport que cet objectif «n’a jamais été explicitement inscrit dans les orientations de l’État, du service public de l’emploi ou de France Travail».
France Travail se défend
Expliquant dans le même temps que l’approche retenue consiste à répondre à des besoins «parfois spécifiques de chaque territoire» tout en accompagnant leurs propres dynamiques et à favoriser leur progression, force est de constater que cela «peut avoir pour effet de maintenir les écarts», concède Thibaut Guilluy. Néanmoins, France Travail tient à se défendre d’être une machine qui marche à l’aveugle. Son directeur général tient d’ailleurs à rappeler que les 818 millions d’euros de budget d’intervention pour 2024 sont «fongibles» et peuvent être réorientés selon les priorités locales dans chaque département. Ces fonds peuvent alors servir pour le financement de formations, de dispositifs d’accompagnement ou encore d’aides à la mobilité pour les demandeurs d’emploi.
Des arguments loin d’être suffisants pour la Cour des comptes qui estime que l’ensemble de ces dispositifs ne suffit pas à réduire les écarts de chômage entre les départements. Ainsi, même si le rapport tient à souligner «une évolution positive», ce dernier ne constitue en réalité «qu’un cadre à utiliser pour mieux coordonner l’action de chacun» et ne peut donc pas répondre à lui seul à «assurer l’amélioration de la situation de l’emploi sur l’ensemble des territoires» et la résorption des disparités qu’il peut exister entre eux.



















