
Le ministre de l’Economie l’avait laissé entendre à demi-mot début mai : le SMIC sera bien revalorisé. Dès ce 1er juin, le salaire minimum va augmenter de 2,41%. Si de prime abord il s’agit d’une bonne nouvelle pour les salariés, à y regarder de plus près, ce n’est pas le cas pour tous. En effet, sur les 179 branches suivies par le ministère du Travail, 126 vont passer en dessous des minima salariaux. Et certaines ont même plusieurs niveaux en dessous, explique l’éditorialiste de LCI, Nicolas Doze.
C’est le cas de la jardinerie, par exemple, qui a neuf niveaux sous le SMIC. Malgré l’ancienneté, des niveaux acquis au cours de leur carrière, certains salariés auront donc passé une grande partie de leur carrière sous le SMIC. Comme la loi impose que l’on verse le SMIC, l’entreprise va compléter le salaire et le net à payer sera équivalent. Mais en réalité, le salarié qui progresse dans sa carrière va passer toute sa vie sous les minima, décrypte Nicolas Doze.
Les salariés au SMIC, bon pour les employeurs ?
Pourquoi existe-t-il autant de branches en dessous en 2026 ? Il faut déjà prendre en compte le nombre de branches. Ensuite, le fait que le SMIC possède des mécanismes de hausse qui sont automatiques. Par exemple, si l’inflation accélère, il augmente plus vite que d’habitude. Or, comme le rappelle l’économiste, la mise à jour de la branche n’est pas automatique, cela peut durer longtemps ou échouer. Pire, parfois quand un accord est conclu, le SMIC est de nouveau revalorisé, rendant l’accord caduc.
Un autre facteur explique cette proportion aussi élevée. Les entreprises ont intérêt à avoir le plus de salariés possibles au niveau du SMIC dans la mesure où c’est là que le coût du travail est le moins cher. «Il n’y a quasiment pas de charges pour les patrons», souligne l’éditorialiste. A noter que l’Etat est aussi mal placé pour donner des leçons puisque parmi les fonctionnaires (catégorie C), il y a dix niveaux sous le SMIC.
«C’est ancien, structurel et ça participe à une smicardisation XXL», déplore Nicolas Doze. Un discours que tiennent aussi les syndicats : «On a l'impression que la situation s'aggrave d'année en année et qu'on a globalement une smicardisation accélérée», a déploré le secrétaire national de la CFDT Luc Mathieu. La CGT a dénoncé, de son côté, «une proportion scandaleuse».

















