
Le prix des pièces détachées peut vite faire flamber la facture de réparation de votre véhicule après une collision. Et si ces pièces se situent à l'avant, attendez-vous à une note particulièrement salée. C'est ce que confirme le dernier bilan chiffré de SRA (Sécurité et Réparation Automobile, qui réunit les compagnies d’assurances automobiles opérant en France), relayé par le magazine L'Argus. Selon ces données, le coût moyen d'une réparation a augmenté de 25,7% en cinq ans. Et la partie du véhicule coûtant le plus cher, sans surprise, est l'avant, là où se trouvent le moteur et les équipements les plus onéreux. Or, c'est aussi la partie la plus exposée aux risques, puisqu'elle concerne 45% des sinistres.
«Il suffit d'un poteau» et entre le phare, les clignotants, le feu de brouillard, le pare-chocs... «on va être sur une réparation qui peut arriver très rapidement à 5000 euros» explique à des reporters de TF1 Celso de Araujo, gérant du garage des Longrais à Saint-Grégoire en Ille-et-Vilaine. Une cliente sur place confirme : «Il a fallu refaire tout l'avant. Et c'est vrai que ça m'a coûté un peu plus de 3000 euros. Rien que changer les pneus, la vidange...», mais même «une toute petite réparation, c'est pas donné». La réparation d'un pare-brise coûtait 14,4% plus cher en 2024 par rapport à 2020, celle d'un capot 9,6%, celle de la grille de bouclier 8,7% et celle de la calandre 8,3% détaille TF1.
En quatre ans, les prix des pièces détachées ont augmenté de 29%
En quatre ans, les prix des pièces détachées ont augmenté de 29%. «Il y a 10 ans sur une 206, on avait remplacé un phare, il était à 127,38 euros hors taxe. Et le même phare aujourd'hui est à 255,31. Ça a doublé» témoigne Celso de Araujo. Il faut dire que les véhicules neufs sont dotés de technologies de plus en plus sophistiquées. Rapport de cause à effet : le coût de la main d'œuvre suit la même trajectoire depuis 2020, avec une hausse de 20,8%. «On passe plus de temps sur la même intervention. Et puis, il y a les compétences des techniciens qui sont obligés d'être plus abouties, donc on est obligé de les former. Et le technicien, quand il est formé, vaut plus cher», poursuit Celso de Araujo.
Autre tarif en hausse, celui de la peinture : 26,8% de plus en quatre ans. Alors, pour certains, le calcul est vite fait : autant envoyer les voitures à la casse. Selon les données de SRA, sur l’ensemble de l’année 2024 en France, le taux de véhicules dits économiquement irréparables a augmenté de 1,5 point (10,8 % en 2024). Cela représente environ 162 000 véhicules envoyés à la casse après un sinistre, la somme totale des réparations dépassant la valeur du véhicule après expertise. Et comme le souligne L'Argus, l’électrification du parc automobile ne risque pas de faire baisser les factures.

















