L’information n’aura pas échappé aux automobilistes concernés. Depuis le 1er janvier 2025, la vignette Crit’Air est obligatoire pour circuler dans la trentaine de villes catégorisées zones à faibles émissions (ZFE). Dans ces zones, la couleur de votre vignette est capitale pour déterminer votre liberté de circulation. Pour rappel, ces ZFE limitent l’accès des zones urbaines denses aux véhicules les plus anciens et les plus polluants, souvent badgés d’une vignette Crit’Air 4 (diesel immatriculés entre 2001 et 2005) et 5 (diesel immatriculés entre 1997 et 2000). Le but ? Réduire la circulation des voitures les plus émettrices de particules fines, néfastes pour la santé.

Dans ces agglomérations, il est donc obligatoire d’obtenir sa vignette Crit’Air, qui vous coûtera 3,81 euros. Un bon point pour l’écologie, mais pas pour votre facture d’assurance. Dans un nouveau classement, la néo-assurance Leocare précise en effet que les voitures avec les meilleures vignettes coûtent plus cher à couvrir ! Une information à prendre en considération lors de l’achat d’un nouveau véhicule. Selon Christophe Dandois, cofondateur et président de Leocare, cette étude met en lumière le fait qu'il existe un rapport «inversement proportionnel entre la volonté environnementale des pouvoirs publics et le coût de l’assurance». En effet, les véhicules Crit’Air 0 et 1 affichent souvent des primes plus élevées.

Des réparations coûteuses pour les voitures avec un bon Crit’Air

D’après cette nouvelle étude, les véhicules Crit’Air 4 et 5 - les plus polluants - coûtent, en moyenne, moins cher à assurer. Par exemple, les automobiles classées Crit’Air 5 coûtent en moyenne 212,72 euros de moins à assurer en tous risques que celles catégorisées Crit’Air 0. Pourquoi ? «Globalement, les modèles qui polluent le moins ont une valeur marchande plus importante, par exemple, les voitures hybrides ou électriques. Elles sont donc plus chères à assurer», constate Christophe Dandois. Ces véhicules étant plus compliqués à réparer (électronique embarqué, pièces spécifiques, etc.), cela justifie des mensualités plus importantes.

Dans le détail, les coûts des sinistres déclarés varient fortement selon la catégorie Crit’Air. Les véhicules Crit’Air 0 et 1 enregistrent les réparations les plus coûteuses, avec des frais de 8 861 euros en moyenne pour les dommages sans tiers, contre 3 826 euros pour les véhicules Crit’Air 4 et 5. Idem pour les actes de vandalisme, qui occasionnent des coûts presque deux fois plus importants pour les véhicules les moins polluants (Crit’Air 0 et 1), de 6 151,92 euros en moyenne, contre 3 303,68 euros pour les autres catégories. A l’inverse, les voitures plus anciennes et polluantes sont plus touchées par les bris de glace et les pannes mécaniques dues à l’ancienneté. Des réparations moins onéreuses. Bien que les assureurs ne se basent pas sur la vignette Crit’Air de votre voiture pour fixer le montant des primes, cela reste un bon indicateur des sommes à débourser.

L’impact de la classification Crit’Air se reflète donc dans les choix d’assurance des automobilistes. Les véhicules récents, bénéficiant d’un meilleur classement, sont majoritairement assurés en tous risques, donc avec des primes plus élevées. Cette tendance s’explique par la volonté des propriétaires de sécuriser un investissement plus conséquent. A l’inverse, les véhicules les plus anciens qui libèrent plus de particules fines sont assurés au tiers, une formule qui ne couvre qu’une partie des dommages qui pourraient survenir.