C'est quoi la Chandeleur ?

La Chandeleur est une fête célébrée chaque année. En France, elle est principalement associée à la tradition culinaire des crêpes, partagées en famille ou entre amis. Derrière cette coutume populaire se cache toutefois une histoire longue et complexe, à la croisée des traditions païennes, chrétiennes et agricoles.

Quelle est l’origine de la Chandeleur ?

Histoire de la Chandeleur : une tradition d’origine païenne

La Chandeleur remonte à la Rome antique, où le début du mois de février était marqué par des fêtes de purification et de lumière, notamment les Lupercales. Ces célébrations visaient à purifier la cité et à favoriser la fécondité, à l’approche du printemps. Les processions aux flambeaux symbolisaient alors la lumière victorieuse de l’hiver.

Une fête chrétienne : la Présentation de Jésus au Temple

Au IVᵉ siècle, l’Église catholique institue la fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple et la purification de la Vierge Marie, quarante jours après Noël. Selon l’Évangile de Luc (Lc 2, 22-40), Marie et Joseph présentent l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. C’est à cette occasion que le vieillard Siméon reconnaît en Jésus la « lumière pour éclairer les nations ».

La fête Imbolc chez les Celtes

La Chandeleur trouve par ailleurs son origine dans la culture celte, où il était de tradition de célébrer la fête païenne Imbolc le 1ᵉʳ février. Rendant hommage à la déesse de la fertilité, Brigit, elle célébrait l’arrivée du printemps et le retour à la lumière. Les Celtes avaient alors pour habitude de déguster des crêpes.

Quelle est la signification de la Chandeleur aujourd’hui ?

Une tradition populaire devenue centrale

Au fil des siècles, la dimension religieuse s’estompe dans les pratiques sociales, tandis que s’impose une tradition populaire : faire des crêpes. Leur forme ronde et leur couleur dorée sont interprétées comme un symbole du soleil, de la lumière retrouvée et de l’abondance à venir.

Une fête conviviale et largement sécularisée

Aujourd’hui, la Chandeleur est avant tout une fête conviviale, vécue comme un moment de partage familial ou amical. Elle s’inscrit dans un calendrier de célébrations culturelles où la référence religieuse n’est plus centrale. La pratique s’est ainsi largement sécularisée, sans pour autant perdre sa dimension symbolique.

Une mémoire culturelle toujours vivante

Derrière le geste apparemment anodin de faire sauter une crêpe se cache en réalité l’ensemble de cette période historique durant laquelle se sont durablement entremêlés rites païens, symbolique chrétienne et pratiques populaires. La Chandeleur illustre ainsi la capacité des traditions à se transformer tout en conservant une mémoire collective.

Pourquoi la fête s’appelle-t-elle « Chandeleur » ?

Le nom Chandeleur trouve son origine dans le mot latin « candela », qui signifie « chandelle » ou « bougie », et qui a donné l’expression « festa candelarum », « fête des chandelles ». Cette étymologie renvoie aux rites de la lumière associés à cette fête et reflète à lui seul la profondeur historique de la célébration.

Qu’est-ce que la fête de l’ours ?

Un ancien culte païen lié à l’ours

Une autre hypothèse avancée pour expliquer les origines de la Chandeleur renvoie à ce que l’on appelle la fête de l’ours. Dans les cultures scandinaves, germaniques et celtes, l’ours occupait une place centrale dans l’imaginaire religieux et symbolique. Animal puissant, associé à la fertilité, à la force vitale et au cycle des saisons, il faisait l’objet d’un véritable culte.

À l’approche du mois de février, les populations se rassemblaient pour célébrer la fin supposée de son hibernation. L’ours était censé sortir brièvement de sa tanière afin de « tester » les conditions climatiques avant un retour éventuel au sommeil, un comportement interprété comme un signe annonciateur de la fin de l’hiver.

De la « Chandelours » à la fête chrétienne

Ces célébrations donnaient lieu à des festivités populaires, souvent marquées par des travestissements en ours, des danses et des comportements jugés transgressifs par les autorités chrétiennes. Dans certaines régions, notamment les Alpes et les Ardennes, la Chandeleur fut longtemps surnommée « Chandelours », en référence directe à l’animal.

Face à la persistance de ces rites païens, l’Église aurait cherché, à partir du haut Moyen Âge, à supplanter ces pratiques en instituant une fête chrétienne à la même période : la Présentation du Christ au Temple. Cette stratégie visait à réorienter des croyances populaires vers une célébration conforme à la doctrine chrétienne.

Quelle est la date de la Chandeleur en 2026 ?

Le 2 février de chaque année

La Chandeleur est célébrée chaque année à la date du 2 février, soit exactement 40 jours après Noël (fin du cycle de la Nativité). En 2026, la célébration de la Chandeleur est fixée au lundi 2 février, soit deux jours avant la fin des soldes d’hiver. Cette date marque également, dans le calendrier traditionnel, une étape symbolique de l’hiver, associée au renouveau saisonnier.

Une date déterminée par le calendrier chrétien

La Chandeleur est célébrée 40 jours après Noël, conformément à la tradition chrétienne de la Présentation de Jésus au Temple. Ce calcul repose sur un comptage calendaire simple et constant :

  • Noël : 25 décembre (la naissance du Christ).
  • Du 25 décembre au 2 février : 40 jours.
  • La date ne varie donc jamais, contrairement à Pâques ou à d’autres fêtes mobiles.

Elle intervient également 27 jours après l’Épiphanie, célébrée le 6 janvier.

Pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ?

La fête des crêpes en hommage au soleil

À la Chandeleur, les Français préparent des crêpes. Mais pourquoi ? Cette coutume culinaire est d’abord attribuée aux païens romains qui dégustaient des crêpes aux céréales, symbolisant le disque solaire et l’arrivée du printemps après de longues nuits d’hiver. Puis au pape Gélase 1er, qui distribuait des galettes aux pèlerins au moment de leur arrivée à Rome.

Dans les sociétés rurales, la Chandeleur marquait aussi un moment clé du calendrier agricole : elle correspondait à l’utilisation de la farine excédentaire de l’hiver, avant les semailles de printemps, symbole de prospérité.

Faire sauter une crêpe avec une pièce

Autre coutume, les paysans préparaient des crêpes à la Chandeleur pour s’assurer d’une bonne récolte de blé et d’une bonne prospérité l’année suivante. Ils étaient tenus de respecter un rituel : faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant fermement un louis d’or dans la main gauche (à défaut une monnaie).

Comment est célébrée la Chandeleur dans le monde ?

Il n’y a pas qu’en France que l’on célèbre la tradition de la Chandeleur à la date du 2 février. Aux quatre coins de la planète, la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem fait l’objet de diverses manifestations.

Au Luxembourg

Au Luxembourg, la Chandeleur est connue sous le nom de Liichtmëssdag (« messe de la lumière »). Cette journée met à l’honneur les enfants, qui parcourent les rues en petits groupes à la tombée de la nuit. Ils portent des bâtons lumineux ou des lanternes et chantent des chansons devant les maisons. En échange, les habitants leur offrent des sucreries ou de la monnaie.

Au Mexique

Au Mexique, le 2 février occupe une place centrale dans le calendrier. La Chandeleur (Día de la Candelaria) prolonge la fête de l’Épiphanie : la personne qui a trouvé la figurine dans la Rosca de Reyes le 6 janvier devient l’hôte de la célébration. La journée commence par une bénédiction de l’Enfant Jésus à l’église, suivie d’un repas collectif en famille ou entre amis.

Le plat emblématique est le tamale, préparé à base de pâte de maïs et de garnitures variées, héritage direct des traditions préhispaniques.

Aux États-Unis et au Canada

Aux États-Unis et au Canada, la dimension religieuse de la Chandeleur s’est effacée au profit d’une tradition populaire : le Groundhog Day (jour de la marmotte), célébré également le 2 février. Selon la croyance, si la marmotte voit son ombre en sortant de son terrier, l’hiver se prolongera ; dans le cas contraire, le printemps arrivera plus tôt.

Une fête aux expressions multiples

Selon les pays du monde et les cultures, la Chandeleur peut ainsi prendre des formes très différentes :

  • processions lumineuses et chants d’enfants en Europe ;
  • rituels religieux et repas traditionnels en Amérique latine ;
  • célébrations populaires et symboliques en Amérique du Nord.

Malgré cette diversité, un thème commun demeure : la lumière, le renouveau et l’espoir de la fin de l’hiver.

Quelle est la différence entre la Chandeleur et Mardi Gras ?

Mardi Gras : la dernière fête avant le Carême

Mardi gras est une fête mobile, dont la date varie chaque année puisqu’elle dépend de celle de Pâques. Elle correspond au dernier jour avant le Carême. Elle marque un moment d’excès festif avant les restrictions alimentaires du Carême. On y consomme des aliments riches, ce qui explique les traditions de crêpes, gaufres ou bugnes, ainsi que les défilés, déguisements, etc.

Une confusion compréhensible, mais infondée

Si la Chandeleur et Mardi Gras partagent un imaginaire culinaire et festif, ils ne remplissent pas la même fonction symbolique. La première est tournée vers la lumière et le renouveau, la seconde vers la rupture festive avant la contrainte. Leur rapprochement tient davantage aux usages sociaux qu’à leur signification historique ou religieuse.

Recette de crêpes pour la Chandeleur

La Chandeleur est associée à la préparation et au partage des crêpes, un mets simple devenu emblématique. Leur réussite repose sur un bon équilibre des proportions et sur une pâte suffisamment fluide. Voici une recette classique, fiable et éprouvée, pour réaliser une douzaine de crêpes.

  • Dans un saladier, versez 250 g de farine de blé, puis formez un puits.
  • Ajoutez trois œufs entiers, une pincée de sel et, pour une version sucrée, deux cuillères à soupe de sucre.
  • Mélangez progressivement en incorporant 50 cl de lait entier, versé petit à petit afin d’éviter la formation de grumeaux.
  • Ajoutez ensuite une cuillère à soupe d’huile neutre ou 30 g de beurre fondu, puis mélangez jusqu’à obtenir une pâte lisse, homogène et légèrement fluide.
  • Laissez reposer la pâte au minimum 30 minutes à température ambiante.
  • Faites chauffer une poêle antiadhésive légèrement graissée.
  • Versez une louche du mélange, répartissez-le finement, puis laissez cuire environ une minute, le temps que les bords se détachent.
  • Retournez la crêpe et poursuivez la cuisson 30 à 45 secondes.
  • Répétez l’opération jusqu’à épuisement de la pâte.