Après 10 ans de bons et loyaux services, Windows 10 ne recevra plus de correctifs de sécurité ni d'assistance technique de la part de Microsoft. La seule exception ? Ceux qui s'inscrivent au programme ESU (Extended Security Updates) gagnent 1 an de rab.

Selon des estimations crédibles, 400 à 550 millions d'ordinateurs dans le monde sont concernés par cette fin de support. Selon StatCounter, environ 60% des utilisateurs sont passés à Windows 11, et un grand nombre d'irréductibles restent donc encore sur l'ancien système. Un choix qui a des implications en matière de sécurité. Ces machines vulnérables risquent de devenir des cibles privilégiées pour les pirates informatiques.

De nouvelles failles béantes sans correctifs

Sans les mises à jour de Microsoft, chaque nouvelle vulnérabilité découverte dans Windows 10 deviendra un point d'entrée permanent pour les cybercriminels. Luis Corrons, évangéliste en sécurité chez Avast, prévient : "La fin du support n'est pas la fin du monde, mais c'est la fin des filets de sécurité gratuits. Les attaquants le savent, c'est pourquoi les bogues Windows et des pilotes non corrigés deviennent des points d'entrée durables."

En 2017, l'attaque mondiale WannaCry a touché plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays en exploitant une faille de Windows XP. Le support de cet OS avait déjà pris fin. L'histoire pourrait se répéter avec Windows 10. Certaines vulnérabilités pourraient être activement exploitées dès la fin du support.

Les malwares, ransomwares et attaques par hameçonnage prospèrent sur les systèmes non protégés. Un simple lien frauduleux peut suffire à compromettre un ordinateur dépourvu des derniers correctifs de sécurité. Le risque est toujours le même pour les particuliers : voir leurs documents personnels informations bancaires compromis.

Incompatibilités logicielles et dégradation des performances

Au-delà des failles de sécurité, l'abandon de Windows 10 entraîne d'autres problèmes. Les développeurs optimisent désormais leurs applications pour Windows 11, et délaissent donc progressivement l'ancien système. Résultat : certains logiciels cessent de fonctionner correctement, les nouvelles fonctionnalités ne sont plus disponibles, et les périphériques récents — souris, claviers, webcams — peuvent perdre leur compatibilité faute de pilotes à jour.

Les performances générales se dégradent également. Sans correctifs, Windows 10 devient moins stable, plus lent, davantage sujet aux plantages et aux dysfonctionnements.

Le programme ESU : un sursis temporaire

Face à l'ampleur du problème, Microsoft propose une bouée de sauvetage temporaire avec le programme Extended Security Updates (ESU). Après inscription, les utilisateurs pourront recevoir gratuitement des correctifs de sécurité critiques jusqu'au 13 octobre 2026.

Passé octobre 2026, plus aucune mise à jour ne sera déployée, même payante. Les PC sous Windows 10 deviendront obsolescents. Il faudra alors changer de machine ou trouver une autre manière de s'adapter.

Certains préfèrent abandonner Windows au profit de systèmes open source comme Linux. Ce dernier offre une plus grande liberté et des centaines de distributions. ChromeOS Flex peut également transformer un vieux PC Windows en Chromebook fonctionnel.

En attendant, les experts recommandent de multiplier les couches de protection : antivirus à jour, pare-feu activé, navigation prudente, comptes utilisateurs limités, authentification multifacteur et sauvegardes régulières. Si ces précautions ne remplacent pas les mises à jour officielles, elles réduisent temporairement l'exposition aux menaces.