Un robot peut-il tomber en dépression ? C’est une question que vont devoir se poser ceux qui commercialisent des dispositifs dotés d’intelligence artificielle chargés de suivre les ruptures en magasins. Depuis le printemps, leurs caméras implantées au rayon épicerie ne cessent d’envoyer des signaux de détresse. Bouteilles d’huile absentes, confiseries chocolatées disparues, moutardes aux noms improbables débarquées en linéaires… Un vrai bazar. Ce qui, dans le langage nébuleux du numérique, se traduit par l’envoi d’un message de « non-compliance avec le planogramme » aux équipes du point de vente.

Après des années à suivre la disponibilité des produits comme le lait sur le feu, les patrons de magasins subissent des niveaux de rupture jamais égalés. Avec un record sur la moutarde : si auparavant 100% des points de vente en possédaient, au pire de la crise, en mai, un magasin sur deux était en manque. « On n'avait jamais vu ça », assure Myriam Qadi, chargée d'études chez NielsenIQ. Ces trous dans les linéaires finissent par amputer le chiffre d’affaires. Sur 2022, le manque à gagner pour les magasins était déjà de 3,1 milliards d’euros à la mi-septembre, selon les calculs de NielsenIQ.

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