Sur nos tartines le matin, dans nos gâteaux, dans nos plats en sauce… Les Français sont de gros consommateurs de beurre : en moyenne, 8 kg par habitant par an. Or depuis plusieurs années, son prix ne cesse de grimper, et en un an il a presque doublé. En cinq ans, le cours du beurre européen est passé d’environ 3 000 euros à plus de 7 200 euros la tonne. Une flambée qui s’explique par une pénurie mondiale de lait suite à une baisse de production, comme l’explique TF1.

Une forte hausse qui suscite une vive inquiétude au sein de la filière des biscuits et gâteaux. A la Biscuiterie des Iles à Belle-Isle-en-Terre, dans les Côtes-d’Armor, les galettes bretonnes sont en effet de plus en plus en chères à produire. Et pour cause, elles sont composées à plus d’un tiers de beurre. Et pour Julien Le Goff, co-gérant de cette biscuiterie artisanale, malgré l’envolée des prix, il est hors de question de changer la recette familiale en y ajoutant par exemple de la margarine ou de la matière végétale.

La filière des biscuits et gâteaux inquiète

Pour compenser la hausse du prix du beurre qui pèse sur l’entreprise, Julien et ses frères ont donc décidé en janvier dernier d’augmenter les tarifs de leurs produits de quelques centimes. «Aujourd’hui, quand on prend une augmentation de plusieurs dizaines de milliers d’euros, on est forcément obligés de faire cette augmentation sur le prix de nos galettes. On a aussi rogné sur nos marges parce qu’on ne veut pas que ça soit le consommateur final qui soit le plus pénalisé là-dedans», explique à nos confrères Clément Le Goff, co-gérant.

«Nos entreprises ne pourront pas tenir dans la durée avec l’augmentation du prix de nos matières premières de cet ordre sur le beurre, et pas que, le prix des œufs est aussi en train d’exploser aujourd’hui et d’autres matières premières sont à la hausse», prévient Christian Astruc, président du syndicat des biscuits, gâteaux et panifications de France. Le budget moyen des Français consacré à la consommation de biscuits et de gâteaux est de 137 euros par an et par foyer, indique TF1. Le nombre de biscuits et de gâteaux vendus en grande distribution dans l’Hexagone est en légère baisse, avec -1,5% comparé à l’an dernier.