Pour sa troisième année de service, le bonus réparation s’est fait une place dans le quotidien des Français. Dispositif incitant les particuliers à faire réparer leurs appareils électroménagers ou domestiques plutôt que de s’orienter vers l’achat d’un appareil neuf, il offre aux Français une prime comprise entre 15 et 60 euros. Toutefois, ce sont les réparateurs labellisés QualiRépar qui doivent accorder ce bonus avant de le déduire de la facture du client. Ce bonus réparation s’inscrit dans un large contexte de lutte contre le gaspillage.

Mais depuis plusieurs mois, de grands groupes plaident pour rendre éligibles leurs abonnements maison. C’est le cas notamment du groupe Fnac-Darty avec son abonnement Darty Max lancé en 2019 et qui est facturé entre 11,99 euros et 21,99 euros par mois en fonction du type et du nombre d’équipements couverts (et avec engagement de 12 mois). Or, selon l’UFC-Que Choisir, le groupe aurait enfin obtenu gain de cause puisque l’éco-organisme Ecosystem suggère dans son dernier plan d’action «l’ouverture à l’éligibilité des abonnements de réparation à partir de janvier 2026».

Des consommateurs qui paient «à perte»

Or, Ecosystem n’est autre que l’un des principaux organismes chargés de la redistribution des bonus réparation. Selon l’association de consommateurs, la demande aurait été faite en 2024 par l’ancien ministre de la Transition écologique, à savoir Christophe Béchu. Si ce dernier a quitté ses fonctions, la disposition serait tout de même sur le point de voir le jour. Or, l’UFC-Que Choisir dénonce une nouvelle aubaine pour le groupe qui facture déjà très largement les souscripteurs de son offre Darty Max et dont la rentabilité oscille autour de 30%.

Selon l’association de consommateurs, l’abonnement du groupe n’est ni plus ni moins qu’une «assurance affinitaire» et trompe les consommateurs les trois ou quatre premières années. Ils paieraient «à perte», car les pannes sont rares sur cette période. En outre, une majorité des articles sont couverts par la garantie légale de conformité. L’UFC-Que Choisir pose la question : quel serait l’intérêt pour le consommateur de bénéficier d’une aide s’ils paient leur abonnement «pendant des mois ou des années avant une éventuelle réparation».

Un «passeport digital» conclu entre Fnac-Darty et Ecosystem ?

Sous-entendant que le bonus réparation est «en passe d’être dévoyé», l’association met en exergue un autre problème : qu’adviendra-t-il du bonus réparation versé à l’entreprise alors qu’il doit bénéficier aux consommateurs ? Selon l’UFC-Que Choisir, Ecosystem se réjouirait par avance de ce «deal» puisque l’eco-organisme s’est même associé à Fnac-Darty afin de créer un «passeport digital». Celui-ci recensera les opérations d’entretien et de réparation effectuées. L’actuelle ministre de la Transition énergétique, Monique Barbut, n’a pas répondu aux sollicitations de l’UFC-Que Choisir.

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