Ils étaient déjà plusieurs dizaines à s’être rassemblés en Seine-et-Marne et dans l’Essonne mercredi soir. Mais ce jeudi matin, les agriculteurs sont passés à l’action. Comme l’a appris Le Parisien notamment, plusieurs tracteurs de la Coordination rurale sont parvenus à entrer dans Paris peu après 5h. Le syndicat agricole veut continuer de porter les revendications de la profession dans la capitale et une poignée de tracteurs seraient déjà entrés, a appris l’AFP. Si certains sont passés par les Champs-Elysées, une vingtaine seraient présents devant la tour Eiffel, a appris BFM.

Les agriculteurs tiennent à manifester malgré les interdictions, et le ministère de l'Intérieur, contacté par BFM, dit «suivre très attentivement la situation» alors que des barrages policiers ont été «contournés et forcés» dans la nuit. Des agriculteurs auraient d’ailleurs pris «des risques inconsidérés». La veille, la préfecture de police de Paris avait pourtant pris un arrêté pour interdire l'accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale. Cela concerne aussi bien le marché de Rungis, que l’Elysée ou Matignon. Sur Franceinfo, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a aussi évoqué une action «inacceptable» et assuré que le gouvernement «ne laissera pas faire».

Les agriculteurs veulent «des réponses»

Selon le ministère de l’Intérieur, il y aurait actuellement 20 tracteurs dans Paris intra-muros et les autres seraient encore aux portes de la capitale. «Tant qu’on n’aura pas de réponse», les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a laissé entendre le président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR), Lionel Candelon. Les agriculteurs protestent contre le traité Mercosur, les prix des engrais ou encore l’épizootie de dermatose bovine.

D’après Le Parisien, le président du cortège avait été interpellé par les gendarmes mercredi soir à hauteur de Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Mais le mouvement semblait déterminé, à l’image du président de la Coordination rurale qui assurait sur France Inter que ses troupes réussiraient à entrer «dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances». Il ajoutait : «Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver.»

Interrogé par BFM ce jeudi matin sur la place de l’Etoile à Paris, le président de la Coordination rurale de Charente-Maritime, Hubert Ellie, a confié vouloir «continuer à mettre la pression sur le gouvernement» à la veille de possibles annonces du gouvernement. «On a du mal à y croire, ça fait deux ans qu'on manifeste», a-t-il rétorqué, avant de conclure : «On a besoin d’oxygène pour nos structures, pour l’ensemble de nos filières, sans ça nos exploitations vont mourir.» Dans le Sud-Ouest, la mobilisation se poursuit également.