
Certains fruits et légumes vont-ils disparaître de nos étals dans les semaines à venir ? Il se pourrait bien que oui, à en croire le dernier arrêté publié par le gouvernement au Journal officiel. En effet, comme le souligne Le Parisien, alors que les débats autour du Mercosur se poursuivent à Bruxelles et que les agriculteurs français sont toujours en colère, la France prend une décision de taille en interdisant toute importation de produits agricoles traités avec des substances interdites en Union européenne (UE).
L’arrêté stipule précisément que «l’importation, l’introduction et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux des denrées alimentaires contenant des résidus quantifiables de substances actives dangereuses sont suspendues». Concrètement, cela concerne de nombreux fruits et légumes, comme le pamplemousse, les pommes de terre, les avocats, les pêches ou encore les mangues. Déjà, dimanche dernier, la ministre de l’Agriculture avait annoncé la mesure alors qu’elle intervenait sur CNews.
Enjeu économique et de santé
«Melons, pommes, abricots, cerises, fraises, raisins, pommes de terre : ils ne seront commercialisés en France que s’ils ne présentent aucun résidu de ces substances interdites chez nous», dévoilait Annie Genevard. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait confirmé la mesure dans la foulée. Parmi les substances mises en cause, on retrouve le mancozèbe, le bénomyl, le glufosinate, le thiophanate-méthyl ou encore le carbendazime.
Dans une lettre adressée aux agriculteurs, Sébastien Lecornu écrivait qu’il n’était «plus acceptable que l’on tolère la présence de substances interdites en France dans les produits importés qui entrent sur notre marché». Il évoquait même une «concurrence déloyale et une injustice économique» voire un sujet de «santé de nos consommateurs».
Vers une augmentation des prix ?
Selon le texte signé par Annie Genevard et son collègue Serge Papin, «la présente interdiction prend fin dès l’entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne ou à défaut un an après son entrée en vigueur». A noter que la Commission européenne aura dix jours pour s’y opposer, mais peut également étendre la mesure à toute l’UE. Sur les marchés, la mesure inquiète déjà les commerçants et les clients, car une grande partie des fruits importés comme les bananes, les goyaves ou les avocats proviennent d’Amérique du Sud. Les prix pourraient ainsi augmenter.



















