
Voilà un an que la dette française se situe au niveau AA-, note accordée par Standard and Poor's (S&P). En février, peu après l'adoption du budget 2025 dans la douleur, l'agence de notation américaine avait toutefois placé la France sous perspective négative, imposant une vigilance financière accrue pour éviter la dégradation. Cette dernière n'est donc pas survenue, permettant à Bercy de respirer. Mais ce soulagement n'est que provisoire, en attendant les éventuelles répercussions du plan de redressement budgétaire qui sera présenté début juillet par le gouvernement, rappellent Les Echos.
S&P, il y a trois mois, avait prévenu que la dégradation serait décidée si le gouvernement n'arrivait pas à réduire ses déficits d'ici à 2 ans. Bercy va devoir présenter un projet de budget 2026 qui tienne la route auprès des Français - invités par le Premier ministre, François Bayrou, à «faire des efforts» - mais aussi auprès des agences de notation. Pour l'heure, alors que début avril a été annoncé un effort de réduction des dépenses de l'Etat de 5 milliards d'euros, le gouvernement doit réunir un nouveau comité d'alerte sur les finances publiques, fin juin, pour parvenir à ramener le déficit à 5,4 % du PIB en 2025.
Pourquoi cette note est-elle observée avec intérêt ?
Les autres agences de notation, Fitch - qui a attribué à la France la note AA- avec perspective négative - et Moody's (Aa3, perspective stable), se prononceront respectivement le 12 septembre et le 24 octobre prochains. Les notes données par ces organismes peuvent sembler anecdotiques mais elles ont un impact réel, comme le rappelait François Bayrou en avril, au moment de la conférence sur les finances publiques organisée par Matignon : «Tout abaissement de la notation de la dette de la France par les agences de notation entraînerait une augmentation des taux d'intérêt et donc une augmentation plus forte encore de la charge de remboursement que cette dette impose au pays».


















