
Un risque de «fragmentation durable du paysage politique du pays». Si elle a maintenu la note de la France à AA3, l’agence de notation Moody’s a abaissé sa perspective de «stable» à «négative», vendredi 24 octobre. L’institut annonce vouloir refléter «les risques croissants d'un affaiblissement des institutions et de la gouvernance en France, ainsi que d'un recul partiel des réformes structurelles». «Dans le communiqué de Moody’s, on a l’impression que l’agence a dégradé alors que cela n’a pas été le cas. Il est tout de même bien à charge», a réagi Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l'institut de conjoncture Rexecod, sur Franceinfo.
«Cela ne va pas changer grand-chose», assure, quant à lui, Philippe Trainar, membre du Cercle des économistes, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers. «En revanche, en termes de gestion des risques, il faut savoir que depuis 2008, les agences de notation sont devenues prudentes. Elles ne veulent ni intervenir trop tôt, ni trop tard», explique-t-il.
Fitch et S&P Global avaient abaissé leur note d’un cran
«Si l’on regarde les indicateurs des finances publiques, la France était dans la première moitié des pays, ceux qu’on garde sans se poser de questions en 2008. Aujourd’hui, elle est dans la seconde moitié en termes de qualité de la dette, et plutôt vers la fin», ajoute Philippe Trainar. L’agence Moody’s pointe particulièrement du doigt la crise politique inédite que traverse la France ces dernières semaines. Le professeur émérite estime que le pays a tout de même une «dette de bonne qualité», c’est-à-dire qu’il n’existe pas de «crise imminente à prévoir sur cette dette».
Pour rappel, la notation s’effectue à la majorité. Dans les faits, sur trois agences, si deux d’entre elles dégradent la note, l’avis de la troisième ne revêt pas particulièrement d’importance. Fitch, le 12 septembre dernier, puis S&P Global, la semaine dernière, avaient abaissé la leur d’un cran, à A +. «Le compte-rendu de l’agence Moody’s, on pouvait s’y attendre mais il n’y a pas vraiment d’impact attendu», estime le journaliste Emmanuel Cugny.


















