En mars dernier, une commission d’enquête du Sénat jetait un pavé dans la mare en dénonçant une influence jugée tentaculaire des cabinets de conseil au sein de l’Etat, avec une flambée des dépenses ces dernières années. Matthieu Courtecuisse, président de Syntec Conseil, le syndicat de la profession, et P-DG du cabinet Sia Partners, en débat avec Prune Helfter-Noah, co-porte-parole du collectif Nos Services publics, qui réunit des fonctionnaires de tous les secteurs publics.

Les dépenses de conseil dans les ministères ont plus que doublé entre 2018 et 2021, avec près de 900 millions d’euros. Avec celles dans les établissements publics, le milliard est franchi. Qu’en pensez-vous ?

Matthieu Courtecuisse : Essayons d’être précis. Ce chiffre additionne pour moitié des prestations dans le conseil en stratégie et en organisation et pour moitié en informatique. Il ne nous surprend pas car cela corrobore nos propres analyses. D’ordinaire, les dépenses de conseil ont tendance à baisser à la fin des mandats des présidents de la République dans l’attente de nouvelles élections. Cette fois-ci, la crise sanitaire a évidemment tout chamboulé, les administrations ayant dû être aidées de façon exceptionnelle.

J’ai toutefois un regret : la commission du Sénat, devant laquelle j’ai été auditionné, s’est contentée des contrats passés avec l’Etat et n’a pas voulu étudier les prestations fournies aux mairies, départements ou régions. Il est vrai que le Sénat représente les collectivités territoriales…

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