Critique au vitriol du gouvernement. Mardi 20 janvier, sur le plateau de l’émission Tout beau, tout neuf sur W9, l’économiste Marc Touati a dénoncé la politique budgétaire française, pointant notamment la hausse des dépenses de fonctionnement de l’Etat et leurs conséquences sur les finances publiques et le quotidien des Français. Selon lui, les décisions prises par les politiques «manquent de discernement». «Le budget a été fait pour que le gouvernement passe et que monsieur Macron garde sa place», a-t-il estimé.

«Ce qui augmente le plus dans la dépense publique depuis cinq ans, ce sont les dépenses de fonctionnement. Ce n’est pas le social, ce n’est pas les infirmières, les médecins, etc., c’est le fonctionnement ! C’est un scandale incroyable !», a fustigé le conseiller économique d’eToro. Il souligne que «tous les pays dans le monde font l’inverse» et que la France est le pays d’Europe qui détient «le plus fort déficit public».

«Ça sera pire que la Grèce»

Marc Touati met en garde contre la faible croissance du pays: «A la rigueur, si on avait une croissance forte, on pourrait dire ‘bon allez, au diable l'avarice’, mais ce n’est même pas le cas. J’augmente les dépenses, j’augmente les impôts, la croissance baisse, le chômage augmente», a-t-il lancé.

L’économiste rappelle également une réalité inquiétante pour les ménages : près d’un quart des Français (24%) est à découvert sur leur compte courant à partir du 18 du mois, selon une étude menée par le comparateur Lesfurets.com en partenariat avec CSA Research. Interrogé ensuite sur un éventuel scénario à la grecque pour la France, Marc Touati ne cache pas son inquiétude : «Ça sera pire que la Grèce. La Grèce, c’était 350 milliards d’euros de dette publique, la France, c’est 3 500 milliards, il y a un zéro en plus, mais du mauvais côté. Même le FMI ne pourra pas venir nous aider», a-t-il mis en garde.

Selon lui, «il faut qu’on prenne le taureau par les cornes et qu’on arrête de gagner du temps, de dire ‘non mais tout va bien finalement’». Il prévoit également une future dégradation de la note de la France, avec des conséquences sur les taux d’intérêt et la situation économique du pays.