Le poisson-zèbre aura-t-il un jour la peau du «crabe» ? Cette bestiole, qui pullule dans les eaux du Gange, porte les espoirs de Valerio Laghi, le fondateur de la jeune pousse parisienne ZebraMed.bio. «Le génome de cette espèce est très proche du nôtre, nous allons donc nous en servir pour expérimenter des traitements anticancer», confie cet immunologue et ex-chercheur de l’Institut Pasteur. Sa méthode ? Elle consiste à injecter dans des larves de poisson-zèbre des cellules cancéreuses de patients humains, puis à mesurer les effets de nouvelles thérapies à l’aide d’une intelligence artificielle conçue pour analyser l’évolution de la tumeur. «Notre dispositif automatisé peut tester en parallèle des centaines de molécules par mois. Il est bien plus rapide, plus précis et moins coûteux que les traditionnels tests pré-cliniques effectués sur des souris, par exemple», assure le scientifique. Grâce à cette avancée, les laboratoires vont pouvoir tester plus de médicaments, augmentant ainsi leurs chances de faire reculer ce fléau.

Les cas de cancer vont augmenter de 12% chez les moins de 40 ans

Les imaginait-on dépassés, à court d’inventivité et d’argent ? Dans la bataille contre le cancer, les Géo Trouvetou du Vieux Continent sont en première ligne. «Avec près de 1 500 start-up dédiées à la lutte contre le cancer, l’Europe dépasse les Etats-Unis», fanfaronnait en février l’Office européen des brevets. A elle seule, la France en dénombre 246, ce qui fait d’elle la locomotive de l’Union européenne. Suffisant pour relever le défi des prochaines décennies ? «A l’horizon 2050, les épidémiologistes prévoient une recrudescence des cancers, de l’ordre de 15 à 20%», avertit Eric Solary, vice-président de la fondation ARC, qui a alloué l’an dernier plus de 33 millions à la recherche dans ce domaine. Deux raisons à cela.

«D’abord, les gens vivront plus longtemps. Ensuite, et c’est encore plus inquiétant, la maladie va frapper de plus en plus de jeunes», résume l’expert. La très sérieuse revue «The Lancet Oncology» le confirme. Selon elle, le nombre de nouveaux cas pourrait augmenter de 12% chez les moins de 40 ans d’ici à 2050. Mais il y a tout de même une bonne nouvelle : la maladie engendrera moins de décès. «Aujourd’hui, le taux de survie à cinq ans avoisine les 60%. A l’horizon 2050, il devrait atteindre 75%», estime Eric Solary. Une révolution technologique devrait, selon lui, contribuer à booster cette espérance de vie. «Grâce à l’intelligence artificielle, on va enfin pouvoir tirer profit de la fabuleuse masse de données médicales dont on dispose. Et cela va donner un nouvel élan aux progrès combinés de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie, de l’immunothérapie et des thérapeutiques ciblées», prévoit-il. Et cette révolution est déjà en marche.

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