"Vivant, il a raté le monde. Mort, il l’a conquis." On pourra débattre à l’infini de la première partie de la célèbre formule de Chateaubriand. En revanche, pour la seconde, aucun doute n’est possible : deux cents ans après sa disparition dans la pénombre mortifère d’une chambre de Sainte-Hélène, Napoléon est bel et bien devenu une icône pour des millions de grognards du XXIe siècle. Il suffit de regarder le programme de son bicentenaire, dont le point d’orgue a eu lieu le 5 mai dernier, pour se faire une idée de son aura. Expositions, conférences, concerts, cérémonies, défilés en habit d’époque, voyages organisés, ventes aux enchères, inauguration de boutiques, reconstitution de batailles, sans parler de la montagne de livres publiés ces derniers mois (une centaine) et des innombrables soirées spéciales que les chaînes de télé ont préparées… Malgré la rude concurrence du virus, le vainqueur d’Austerlitz est encore capable de nous donner le tournis.

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