A Asnières-sur-Seine, au nord de Paris, l’heure de pointe donne aux alentours de la station Gabriel Péri des airs de fourmilière. Les bus défilent, les voitures klaxonnent, et le métro crache ses cohortes d’usagers qui s’entassent sur le trottoir. Ali* est planté à la sortie de la station, café dans une main, paquet de cigarettes dans l’autre. Ils sont trois, entre 15 et 25 ans, sans-papiers, à vendre des cigarettes dans le secteur. «Marlboro ! Marlboro !», lancent-ils aux passants qui s’empressent de filer. Certains s’arrêtent, sortent un billet de 5 euros et repartent avec un paquet.

Avec la nouvelle hausse du prix du paquet de cigarettes début 2024, le trafic a de beaux jours devant lui. «Depuis que le paquet officiel est passé au-dessus du seuil symbolique des 10 euros (en mars 2020, ndlr), le trafic a explosé et les vendeurs à la sauvette ont poussé comme des champignons», rapporte un policier en service. Il vient de saisir cinq paquets de cigarettes. «On les envoie aux douanes qui les brûlent sans se poser de question, c’est de la merde pour la santé ces trucs-là», raconte-t-il, las de ces tournées quotidiennes qui «ne servent à rien». A l’arrivée des policiers, les vendeurs se sont dispersés et ont repris leurs affaires discrètement… à quelques mètres de là.

1 euro pour fabriquer un paquet contrefait

Chargé de disséquer et d’analyser les cigarettes saisies par les Douanes, le laboratoire de Marseille rapporte qu’en moyenne, une cigarette contrefaite contient trois fois plus de cadmium et d’arsenic, sept fois plus de mercure et huit fois plus de plomb que les seuils autorisés, mais aussi du ciment, des sciures de bois, du plastique, des poils de bêtes et des excréments de rongeurs…

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