
Les Républicains n’ont jamais été aussi proches de l’implosion. À l’issue des élections européennes qui ont vu le Rassemblement national arriver largement en tête, le président du parti, Éric Ciotti, a très rapidement annoncé son intention de se rapprocher de Jordan Bardella. Une décision, visiblement sans concertation avec les autres cadres du parti, qui a débouché sur une crise ouverte. Mercredi 12 juin, un bureau politique a décidé de l’exclusion d’Éric Ciotti. Mais juste avant, l’ancien député des Alpes-Maritimes avait choisi de faire fermer les portes du siège.
«J'entends beaucoup d'élucubrations sur la fermeture du siège LR. J'ai pris cette décision à la suite des menaces reçues et des désordres d'hier», a-t-il glissé sur X. Il assurait qu’aucune réunion n’y était prévue. Des images devenues virales, certains évoquant sur les réseaux sociaux une «bunkerisation». Cette situation n’a pas échappé au ministre délégué chargé du Logement, Guillaume Kasbarian, comme l'a repéré le Huff Post.
Attention Eric Ciotti, depuis 1 an grâce à la loi Kasbarian, la procédure en cas de squat est accélérée.
— Guillaume Kasbarian (@guillaumekasba) June 12, 2024
Chers amis de @lesRepublicains, voici comment faire : https://t.co/OLrwrHZlDr pic.twitter.com/HIdDdMRr8b
En raillant ce coup de force, le candidat aux législatives dans la première circonscription d’Eure-et-Loir a commenté sur X : «Attention Éric Ciotti, depuis 1 an grâce à la loi Kasbarian, la procédure en cas de squat est accélérée.» Il détaille ensuite comment fonctionne la procédure et montre aux Républicains comment faire : «La victime porte plainte, fait constater l’occupation et saisit le préfet qui met en demeure le squatteur de partir sous 48h.»
L’exclusion d’Éric Ciotti du parti validée par un nouveau bureau politique
Pour rappel, la loi Kasbarian-Berg votée il y a un an prévoit de tripler les sanctions encourues par les squatteurs, jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende, et vise à faciliter les expulsions en cas de loyers impayés. Dans le même temps, un nouveau délit a été créé, punissant d'une amende de 3 750 euros la propagande ou la publicité en faveur de méthodes encourageant la violation d'un domicile. Elle avait d’ailleurs été fortement décriée par les associations de lutte contre le mal-logement. Une loi qu’avait votée… Éric Ciotti.
Sur les réseaux sociaux, les internautes s’en sont donné à cœur joie. «On ne sait pas s'il y a des otages», avait commenté la journaliste Pauline de Saint Rémy. D’autres ont invoqué une intervention du GIGN pour le faire sortir, alors que le conseiller régional d’Occitanie LR, Aurélien Pradié, a menacé d’appeler «le Samu et Jordan Bardella pour le sortir de son bureau».
Des nouvelles de LR : Eric Ciotti a prévu de faire fermer physiquement le siège des Républicains dans l'heure qui vient, apprend-t-on d'une source en lien avec des permanents. "On ne sait pas s'il y a des otages", se marre le même.
— Pauline de Saint Remy (@PauSR) June 12, 2024
Jeudi, Éric Ciotti est revenu au siège des Républicains, diffusant une vidéo où il déambule seul dans son bureau. Ce vendredi 14 juin, un nouveau bureau politique a validé son exclusion du parti. L’ancien président du parti a saisi le tribunal judiciaire.
Le tribunal judiciaire de Paris, saisi par Eric Ciotti, a invalidé vendredi son exclusion de la présidence des Républicains. Le tribunal «ordonne la suspension des effets des deux décisions d'exclusion définitive prononcées à l'encontre d'Eric Ciotti les 12 et 14 juin», a indiqué le tribunal en précisant que cette suspension ne valait que «jusqu'au prononcé d'une décision au fond définitive».



















