L’affaire n’est connue que d’une poignée d’initiés. Voilà deux ans, le responsable de la trésorerie d’un mastodonte du CAC 40 reçoit, via WhatsApp, un message vidéo de son président. Ce dernier lui explique que leur groupe est sur le point de boucler une opération délicate de fusion-acquisition en Chine, qu’il faut procéder rapidement au versement d’un premier acompte pour frais. Tout cela est confidentiel, bien sûr, le patron compte sur la discrétion de ce proche collaborateur en qui il a toute confiance.

La technique du "deepfake" ou hypertrucage

Le destinataire ne se méfie pas. Rien dans l’image, l’intonation ou les propos de son PDG ne lui met la puce à l’oreille. Un premier virement est effectué – près de 1 million d’euros. Il n’y en aura pas d’autres. «Les contrôles internes ont révélé qu’il s’agissait d’une arnaque», raconte Renaud Feil, cofondateur de la société de cybersécurité Synacktiv, que l’entreprise visée a appelée à la rescousse pour mener l’enquête. Les escrocs ont eu recours à un deepfake, ou hypertrucage, cette technique permettant, grâce à l’intelligence artificielle générative, de cloner la voix ou l’image. «Ces deepfakes vont permettre aux malfaiteurs de déjouer la méfiance des boîtes», anticipe Renaud Feil.

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