
«Une soumission» et un «jour sombre» pour le Premier ministre François Bayrou, un «soulagement» pour le chancelier allemand et une «gifle commerciale» pour le journal italien Il Corriere della Serra. Le nouvel accord commercial sur les tarifs douaniers, signé le dimanche 27 juillet entre les États-Unis et l’Union européenne, suscite toujours l’inquiétude. À partir du 1er août, des droits de douane de 15% s’appliqueront désormais à la majorité des produits européens exportés aux États-Unis. Et parmi les filières touchées les plus durement, figure celle des cosmétiques.
L'industrie des cosmétiques est le deuxième plus grand contributeur à la balance commerciale française après l’aéronautique, selon France 3. Grâce à elle, la France est le premier exportateur mondial de produits de beauté. Mais à la suite de ces accords, la filière sera parmi les plus durement touchées. Au printemps 2025, l’industrie était déjà frappée de droits de douane de 30%. L’annonce de ce nouvel accord suscite des sentiments partagés au sein de la filière. Certaines entreprises, comme Skinhaptics, avaient dû suspendre auparavant certains projets de développement outre-Atlantique, et peuvent de nouveau aujourd’hui se projeter dans ce déploiement. Mais Sandrine Dahan, à la tête de l’entreprise, insiste : cette nouvelle reste «beaucoup moins avantageuse que les 0%» qui étaient appliqués précédemment. Pour d’autres, la signature de cet accord a un goût amer. Antoine Lamarche, directeur général du groupe Multialer, observe déjà une baisse d’activité ces derniers mois, «car le consommateur a peur pour son avenir».
Une filière stratégique, pénalisée par l’accord
L’ampleur des réactions dans ce secteur s’explique par son importance dans l’économie française. Rassemblée au sein de la Cosmetic Valley, l’industrie cosmétique regroupe plus de 600 entreprises, dont de nombreuses PME. Ensemble, elles génèrent 71 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient plus de 226 000 personnes. Premier exportateur mondial de cosmétiques, la France compte des centaines de grandes, petites et moyennes entreprises, toutes menacées par ces droits de douane.
Le président de la Cosmetic Valley, Marc-Antoine Jamet, espère aujourd’hui une exemption pour son secteur. Mais en attendant des mesures concrètes pour protéger la filière, les entreprises s’organisent et prennent des mesures. Multialer a notamment décidé de geler les embauches et de renégocier les contrats. L’avenir reste donc incertain pour les entreprises de cosmétiques, le protectionnisme américain risquant de freiner leurs ambitions à l’export.

















