Comme le rapportent Les Echos, l'UE envisage de taxer les produits de maquillage et les huiles essentielles en provenance des Etats-Unis dans la «guerre des droits de douane» qui fait rage actuellement. Mais l'industrie européenne des cosmétiques appréhende cette mesure, redoutant d'en subir les conséquences : «Cela a été un vrai coup de massue car nous ignorions que la Commission européenne s'appuierait sur une liste de produits établie en 2018 et inclurait sans concertation le maquillage américain», explique un dirigeant du secteur, membre de la Fédération des entreprises de la beauté (Febea).

Avec cette mesure de taxation, Bruxelles entend riposter aux droits de douane de 25 % instaurés par les Etats-Unis aux importations d'acier et d'aluminium de l'UE. Si elle est effectivement mise en place, le maquillage fabriqué aux Etats-Unis sera taxé de 25 % et les huiles essentielles de 10 %. Des chiffres considérables puisque les tarifs douaniers en vigueur sur les produits cosmétiques entre l'UE et les Etats-Unis sont de... 0%. Et ce «sur quasiment tous les produits» confirme Emmanuel Guichard, directeur général de la Febea. Ce dernier dit craindre «des répercussions majeures». Selon lui, cette mesure «ne relève d'aucune logique, d'aucune demande, et il est crucial d'éviter l'escalade des tensions commerciales avec les Etats-Unis pour protéger l'industrie de la beauté».

Le secteur de la beauté représente 3 millions d'emplois en Europe

Le secteur observe d'autant plus attentivement la situation en France, pays le plus concerné dans l'Union où il fait office de leader dans le domaine. Après l'aéronautique, les cosmétiques représentent le second pôle d'exportation dans l'Hexagone avec plus de 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soulignent Les Echos. Au niveau européen, d'après une étude d'Oxford Economics en 2023, la beauté est un secteur économique qui a contribué «à hauteur de 180 milliards d'euros au PIB de l'UE», généré «71 milliards d'euros de recettes fiscales» et soutenu «près de 3,2 millions d'emplois en Europe».

L'instauration de cette taxe douanière aurait des répercussions sur toute la filière, jusqu'au portefeuille des consommateurs. C'est en tout cas ce que craint la Febea, qui «participera à la consultation ouverte par la Commission pour élaborer une nouvelle liste de contre-mesures». Aussi bien pour les PME que pour les industries du luxe, cette guerre commerciale provoque donc d'énormes sueurs froides. Tous espèrent un infléchissement de Bruxelles. La France, notamment, compte sur un constat chiffré sans appel : l'industrie nationale des cosmétiques exporte plus de 2,8 milliards d'euros de produits aux Etats-Unis.

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