Kiev peut, une nouvelle fois, compter sur ses alliés européens. Alors que l’Ukraine a détruit près de la moitié de ses systèmes de défense aérienne Pantsir-S1 en 2025, et qu’elle vient d’opérer une contre-offensive inédite depuis trois ans grâce notamment au blocage des terminaux russes par l’entreprise SpaceX, elle peut compter sur du matériel militaire de pointe. Nouveau drone intercepteur, radar longue portée, missile Nightfall ou encore Mirage 2000 que la France va livrer dans les prochains mois. Mais ce n’est pas tout.

Les drones ukrainiens vont bientôt pouvoir se doter de radars assez rares… inventés par une société française, explique Le Parisien. Ces radars à Synthèse d’Ouverture (ou SAR) sont l’œuvre de la première licorne française de défense, à savoir Harmattan AI. C’est son PDG, Mouad M’Ghari, qui a révélé dans une interview accordée au média Le Grand Continent, que son système serait «intégré aux systèmes ukrainiens et déployé en Ukraine».

Des images derrière les nuages ou dans le brouillard

Pourquoi est-ce une avancée de taille pour l’Ukraine ? Car ces radars sont une petite prouesse technologique. Pouvant être montés sur des drones pesant moins de 150 kg, ils ont surtout été créés pour réaliser des images dans toutes les conditions météorologiques possibles, décrivent nos confrères. De jour comme de nuit, bien sûr, mais surtout qu’il pleuve, vente, neige et derrière les nuages ou dans le brouillard. Selon le site Militarnyi qui a dévoilé l’information, ces radars SAR peuvent créer des images très détaillées de la surface de la Terre à l’aide du rayonnement micro-ondes.

Le radar d’Harmattan AI est particulièrement intéressant, car il pèse moins de 3,5 kg. A une distance de deux kilomètres, le SAR peut prendre des images à une résolution de 0,25 m, et quand il est situé à dix kilomètres, jusqu’à une résolution de 1,2 m. Si aucun nom de drone n’a été évoqué pour être équipé de ces radars, il se pourrait bien que les drones Raybird et Skyeton soient concernés. Harmattan AI et Skyeton avaient en effet noué un partenariat en octobre 2025.

Dans le passé, des entreprises ukrainiennes avaient déjà travaillé sur ce type de radar. C’est le cas notamment de Radionix en 2020 qui l’avait testé sur des Raybird-3 de Skyeton. Une bonne nouvelle donc pour l’Ukraine qui a repris l’équivalent de la surface conquise par la Russie sur l’ensemble du mois de décembre. Si ces 200 kilomètres repris sont symboliques, cela pourrait jouer un rôle alors qu’un nouveau cycle de négociations s’apprête à s'ouvrir avec la Russie et les États-Unis.