Nouvelle étape dans la guerre des drones en Ukraine. Le drone intercepteur low-cost Nexis, développé par la société ukrainienne WinFly, a réussi à neutraliser pour la première fois un drone kamikaze russe Shahed-136, aussi appelé «Geran», rapporte Le Parisien ce jeudi 23 avril. L’information a été confirmée par l’entreprise au site spécialisé ukrainien Militarnyi mardi. Selon les données, l’interception a eu lieu alors que le Nexis évoluait à plus de 250 km/h, avec un moteur utilisé à 84% de sa capacité maximale. Les systèmes de contrôle ont ensuite validé la destruction complète de la cible en plein vol.

Jusqu’à présent, ce drone était principalement employé contre les drones russes Lancet et Molniya. Avec cette première interception d’un Shahed-136, le Nexis franchit un nouveau cap en s’attaquant à des cibles plus rapides et plus complexes à neutraliser. WinFly indique que cette évolution est le résultat d’environ un an de développement et d’expérimentations sur le terrain.

Un drone estimé à environ 1 100 euros

L’un des principaux atouts du Nexis réside dans son coût particulièrement réduit. La société estime le prix de sa version de base à environ 1 293 dollars, soit un peu plus de 1 100 euros. L’appareil est conçu pour rester en vol jusqu’à 25 minutes et peut atteindre une vitesse maximale de 270 km/h, suffisante pour rattraper un Shahed en phase de croisière. Le drone dispose également d’une autonomie de vol pouvant atteindre 30 kilomètres et peut opérer de jour comme de nuit. Léger, avec un poids au décollage de 3,5 kg, il peut transporter une charge utile d’environ 600 grammes, adaptée à ses missions d’interception.

Actuellement piloté à distance, le système est encore en phase d’évolution. WinFly travaille déjà sur l’intégration de fonctions automatisées, en lien avec des systèmes radar et de détection. L’objectif affiché par l’entreprise est de développer à terme des capacités d’interception autonome, capables de fonctionner sans intervention humaine directe, voire déployables à distance.