Shahed-136, Shahed-107… l’Ukraine fait face depuis plusieurs mois sur le front à ces petits appareils développés à l’origine par l’Iran. La dernière version est d’autant plus redoutable qu’elle est plus compacte et moins coûteuse à fabriquer. Surtout, le drone Shahed vole très vite et à basse altitude, ce qui le rend particulièrement efficace. Pour les contrer, Kiev a développé de nouveaux outils, mais dernièrement, décrit Le Parisien, l’armée ukrainienne a opté pour une nouvelle stratégie en optant pour une nouvelle configuration de ses drones navals Magura.

C’est le journaliste de The Economist, Oliver Carroll, qui a dévoilé une vidéo sur laquelle on voit un drone intercepteur décoller depuis une base navale alors qu’un drone approche. Or, cette vidéo a été fournie par Uforce, l’entreprise qui fabrique les drones Magura. Clairement, le but de cette manœuvre est d’intercepter les drones russes avant qu’ils n’atteignent le sol ukrainien, ce qui pourrait permettre à Kiev de défendre son territoire dans la région d’Odessa, indiquent nos confrères.

L’Ukraine au secours des Etats-Unis ?

Cette nouvelle configuration, déjà décrite comme un «rideau anti-drones» par le site Defense Express, est intéressante à double titre, car les drones Magura sont pilotés grâce au réseau satellite Starlink, dont potentiellement depuis d’autres pays. Depuis quatre ans, l’Ukraine s’adapte aux frappes ennemies, à tel point que Donald Trump a demandé à Kiev «une aide concrète dans la protection contre les Shahed dans la région du Moyen-Orient», a indiqué Volodymyr Zelensky.

Dans la foulée, le président ukrainien a «donné l’ordre de fournir les moyens nécessaires et d’assurer la présence de spécialistes ukrainiens capables de garantir la sécurité requise». En effet, depuis le début des frappes en Iran, Téhéran a déployé massivement ses drones Shahed-136. Or, si les Etats-Unis et leurs alliés ont activé leurs systèmes de défense aérienne, comme les intercepteurs Patriot de Lockheed Martin, c’est très coûteux.

Un missile Patriot coûte environ quatre millions de dollars alors que les drones iraniens sont estimés entre 20 000 et 50 000 dollars, d’où le besoin de nouvelles solutions. En outre, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, et le chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, ont reconnu que les drones Shahed leur posaient énormément de problèmes. Ils pourraient ne pas être en mesure d’intercepter tous ceux qui visent leurs installations militaires dans les pays du Golfe.