C’est un constat sans appel pour le patron de Lidl, John Paul Scally. «La problématique du pouvoir d’achat est de plus en plus réelle» explique-t-il dans un entretien accordé au Parisien, samedi 10 janvier. Selon lui, alors que la présence du magasin en France n’est pas nouvelle, puisqu’il y est implanté depuis août 2010, le président remarque que la situation pour les consommateurs s’est tendue depuis. En conséquence, ses clients arbitrent avec finesse leurs dépenses, chaque jour.

Selon lui, ces changements d’habitudes de consommation sont directement observables dans les comportements en magasin. Les consommateurs iraient plus souvent chez Lidl pour maîtriser leur budget, et non pas pour consommer plus. D’après les chiffres communiqués par le patron de Lidl au Parisien, les passages en caisse du magasin ont progressé de 7 % sur un an, en raison justement de cette habitude de plus en plus répandue de fractionner ses achats. Par ailleurs, certains clients, qui avaient déserté l’enseigne, sont désormais revenus. D’autres clients nouveaux sont maintenant attirés par les baisses de prix engagées depuis un an par l’enseigne.

Le retour assumé aux prix bas pour une reconquête

Ce retour au bas n’est pas une tendance marginale, elle concerne environ 1 000 références sur 2 400. «En 2025, le prix moyen d’un article chez nous était inférieur de 3 % à son niveau de décembre 2024», indique John Paul Scally. Par ailleurs, cette opération a permis à l’enseigne de reconquérir 250 000 clients fin 2025 selon des données Kantar, après avoir perdu 400 000 clients entre 2022 et 2024. Selon les études internes de Lidl, tout cela s’explique par le fait que le prix est le plus important pour 83 % des clients de l’enseigne.

Mais la recherche du produit le moins cher n’est pas exclusive aux foyers modestes : en tout, ce sont 19 millions de foyers français qui fréquenteraient Lidl, et cela peu importe la catégorie sociale. Les classes moyennes supérieures et aisées représentent même 42 % des achats. Une diversité sur laquelle l’enseigne parie et capitalise, en augmentant le nombre de ses magasins sur le territoire français. Lidl vise désormais 2 000 points de vente, et en a 1 600 aujourd’hui. Autre point analysé par le président de Lidl, les changements d’habitude de consommation se font au détriment des achats non essentiels. Par exemple, le non alimentaire recule depuis plusieurs années et représente moins de 10 % des achats.