Pour l’audiovisuel français, ce n’est pas une bonne nouvelle. Selon France Info, l’enseigne allemande Lidl présente sur le territoire français à travers 1 600 magasins, a annoncé le 8 janvier l’arrêt de ses campagnes de publicités à la télévision française. Le groupe, présent depuis trente-cinq ans en France, considère désormais que le cadre réglementaire pour pouvoir faire de la publicité télévisuelle est trop contraignant en France, et trop risqué. Une décision aussi motivée par une condamnation judiciaire de l’enseigne, il y a quelques mois.

Jusqu’ici, Lidl faisait partie des poids lourds de la publicité en France, avec son budget de 400 millions d’Euros pour ce secteur, seulement pour la période entre janvier et septembre 2025. Un budget vertigineux qui faisait du groupe le deuxième plus gros annonceur de France, tous médias confondus, selon Kantar Media. Dans cette enveloppe, une majorité de l’argent était investie dans la publicité télé. Et les spots que l’on a pu voir vantaient ses prix et la diversité de son offre. Mais cette stratégie s’est retournée contre lui l’année dernière.

Une réglementation incompatible avec le discount ?

En juillet 2025, la cour d’appel de Paris a condamné Lidl à verser 43 millions d’euros à Intermarché pour «pratiques commerciales trompeuses». Entre 2017 et 2023, l’enseigne avait diffusé environ 400 publicités sur la promotion de produits qui n’étaient pas disponibles en quantité suffisante dans tous les magasins pendant au moins quinze semaines. Des exigences fixées dans un décret de 1992 qui encadre la publicité télévisée pour la grande distribution.

De son côté, Lidl considère que ces règles sont intenables, en raison de la réalité du commerce selon lui, qui est marquée par des rotations rapides de stocks. Par ailleurs, ces exigences ne s’appliquent pas à la publicité en ligne ou encore à la radio. Lidl décide donc de rediriger ses publicités vers ces plateformes.