Attention à la grippe cette année. Juste avant Noël, tous les voyants étaient déjà au rouge avec une augmentation des indicateurs dans toutes les classes d'âge. Mais une dizaine de jours plus tard, la situation ne s’est guère améliorée. Tous les indicateurs sont en hausse avec une augmentation certes modérée des passages aux urgences (+1,3 pt) et des hospitalisations (+1,1 pt), mais les actes médicaux et le recours à SOS Médecins ont augmenté de près de 5 points, selon le dernier bulletin Santé publique France.

Ainsi, l’ensemble des régions françaises est passé en épidémie, hormis La Réunion. Là encore, toutes les classes d’âge sont touchées, en particulier les enfants. De quoi inciter à la plus grande prudence alors que le pic est loin d’être atteint, alerte auprès de TF1 Vincent Enouf, virologue et responsable adjoint du Centre national de référence sur les virus des infections respiratoires à l'Institut Pasteur. «Le pic est peut-être devant nous, même si on est incapable de dire quand précisément il arrivera», souligne-t-il, précisant que la grippe est toujours «très présente» dans le pays.

Les fêtes propices à la circulation du virus

La période de fêtes et les vacances n’arrangent rien, précise le virologue : moins de passage chez le médecin, gestes barrières moins fréquents, etc. «L'épidémie repart généralement avec l'ouverture des écoles début janvier», met-il en garde, en rappelant que les véritables chiffres seront à analyser début janvier. Alors que le variant «sous-clade K» inquiète et que la grippe est annoncée plus mortelle, Vincent Enouf tempère : la grippe a été «beaucoup plus violente l'an dernier», assure-t-il, évoquant un «taux de mortalité beaucoup plus important à la même époque».

Ce variant a d’ailleurs été très actif au Royaume-Uni, entraînant une forte circulation de la grippe, qualifiée de «plus précoce et plus forte que d’habitude» par le spécialiste de l’Institut Pasteur. Pour lui, la France n’en est pas du tout à ce stade-là. Et le virologue de rappeler l’importance de la vaccination : «Si on a la possibilité de le faire, il n'est jamais trop tard», lance-t-il, avant de souligner que le vaccin était efficace aussi bien contre le H1N1, le H3N2 «en partie» et les virus de type B.

La vaccination protège quand même contre le H3N2

Pour étayer ses propos, Vincent Enouf tient à souligner que parmi les personnes âgées hospitalisées lors de l’hiver 2024-2025, une grande majorité n’était pas vaccinée. «Donc si vous l'êtes, vous n'allez pas développer de formes graves, ni être hospitalisé, et, par conséquent, ne pas encombrer les urgences», martèle-t-il au micro de TF1. Le virologue tord enfin le cou aux idées reçues selon lesquelles le vaccin ne serait pas efficace contre H3N2 : «Bonne surprise, la protection est bien présente.» Mais son principal conseil reste le respect des gestes barrières !