Il pleut des milliards de dollars de subventions aux Etats-Unis, et parfois pour le plus grand bonheur des industriels… européens! «Nous sommes régulièrement contactés par des acteurs américains nous invitant à investir sur leur sol, témoigne Philippe Chain, le cofondateur de Verkor, start-up française qui va bientôt lancer sa première gigafactory de batteries pour véhicules électriques, à Dunkerque. Des Etats, des régions ou des villes des Etats-Unis nous proposent la disponibilité d’un terrain, la construction de routes, l’acheminement de l’énergie ou encore des contrats pas chers avec de la main-d’œuvre qualifiée.»

Si le cofondateur de Verkor n’a pas répondu à ces sollicitations pour se concentrer sur la France, d’autres se frottent les mains devant la compétition à laquelle se livrent les Etats américains. En mars, le norvégien Nel, spécialisé dans l’hydrogène, en mettait trois en concurrence, pour choisir l’emplacement de sa nouvelle usine d’électrolyseurs, révélait Reuters. Ce sera finalement le Michigan. Un choix justifié par «les incitations financières consenties par cet Etat», selon les mots du patron de Nel, Hakon Volldal.

Cette compétition n’est pas nouvelle. Mais, depuis un an, elle est exacerbée par un plan fédéral XXL, voté en août 2022 par le Congrès américain: l’Inflation Reduction Act (IRA). Son montant, estimé à 369 milliards de dollars lors de son adoption, n’a pas de plafond et pourrait dépasser facilement les 1.000 milliards de dollars, selon les banques Credit Suisse ou Goldman Sachs. Rien que cela! Avec cet argent, les Etats-Unis comptent inonder et capter les industries de la transition énergétique, secteur qu’ils financent pour la première fois de leur histoire: véhicules électriques et batteries, éolien, solaire, nucléaire, biocarburant pour l’aviation (SAF), mais aussi capture du carbone, hydrogène ou encore équipements de chauffage écologiques.

L'Inflation Reduction Act protège les Etats-Unis d'une guerre économique avec la Chine

L’objectif de l’IRA ne consiste pas seulement à réduire de moitié les émissions américaines de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2005. Il doit surtout permettre aux Etats-Unis de contrer l’avancée fulgurante de la Chine dans les industries vertes, et de ne pas perdre pied dans le segment des batteries et des véhicules électriques. Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie d’avril 2023, la Chine produit en effet 95% des batteries lithium-fer-phosphate dans le monde – elles sont notamment utilisées dans les voitures Tesla.

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