
Les droits de douane américains devaient entrer en vigueur le 9 juillet. Mais vendredi dernier, le président américain Donald Trump a annoncé les repousser, avec une potentielle instauration de surtaxes le 1er août si aucun accord n’est trouvé d’ici là. Une annonce confirmée par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ce dimanche : «Si aucun progrès n’est fait, ils reviendront au niveau de droits prévus le 2 avril.» Si des accords devaient être signés dans les prochains jours, il y a encore des résistances et l’Union européenne a «été très lente à venir à la table des négociations», a-t-il laissé entendre.
L’Europe va-t-elle parvenir à tomber d’accord avec les Etats-Unis ? Interrogé sur RTL, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur a tenu à rappeler que la France ne négociait pas directement avec Donald Trump, mais que «la Commission européenne fait très attention à bien prendre la synthèse des intérêts de chaque État membre». Selon Laurent Saint-Martin, il n’y a actuellement «pas de voix dissonantes» et «personne ne s'est prêté à ce jeu solitaire».
L’Europe en ressortira «plus forte»
«Vous n'avez pas vu l'Italie aller négocier de son côté avec Washington ou l'Allemagne outrepasser la Commission européenne. Et la France non plus», a poursuivi le ministre à deux jours de la fin prévue des négociations. Toutefois, Laurent Saint-Martin ne semble pas inquiet par la tournure des événements, et l’assure : «Il n'y a pas que les États-Unis dans la vie», en écho aux négociations en cours avec d’autres pays dans le cadre du Mercosur (Amérique du Sud) ou avec d’autres Etats comme l’Australie, l’Indonésie, l’Inde ou la Malaisie.
Surtout, cet épisode des droits de douane américains devrait faire grandir l’Europe : «On en ressortira avec une Europe plus forte», a martelé Laurent Saint-Martin sur RTL, jugeant que «le rapport de force» sera «le plus positif possible pour nos pays». Une unité qui devrait servir par la suite «pour aller chercher des accords commerciaux avec le reste du monde».
Oui pour une hausse des droits de douane, mais «réduite» dans certains secteurs
Surtout, les négociations entre les Etats-Unis et l’Union européenne sont loin d’être au point mort, a laissé entendre le ministre, pour qui il y a un dialogue afin de «prendre en compte les intérêts de chaque parti». L’Europe pourrait accepter «une augmentation faible de droits de douane», mais «seulement s'ils peuvent être réduits sur certains secteurs clés européens, notamment français, comme l'aéronautique, nos vins et spiritueux ou encore nos cosmétiques». Réponse dans deux jours.



















