En pleine forme, Taïwan. Champion de la lutte anti-Covid19 (moins de 1.000 morts et 20.000 cas au total), l’île-Etat de 23 millions d’habitants connaît déjà une belle reprise économique. Au quatrième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) a crû de 4,9% par rapport à la même période de l’année précédente, selon le DGBAS (ministère de la Comptabilité nationale et des Statistiques).

Le "miracle taïwanais" continue donc, même si les récentes tensions avec la Chine, qui revendique toujours la souveraineté sur Taipei, inquiètent. Et il force toujours l’admiration : la cité-Etat, malgré peu de richesses naturelles, a connu durant la seconde moitié du XXe siècle une industrialisation fulgurante, surnommée "táiwān qíjì", littéralement le "miracle économique de Taïwan". Avec la Corée du Sud, Singapour et Hong Kong, c’est l’un des quatre dragons asiatiques. Aujourd’hui, si Taïwan n’est "que" la 21e puissance économique mondiale, son niveau de développement économique, social et humain est égal à celui du Japon et de l’Union européenne. Le PIB par habitant (23.200 euros) tourne, selon les années, autour du 25e rang mondial.

Pour 2022, tous les indicateurs sont au vert. L’inflation est quasi inexistante (1,2%). A peine 1,5% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage est à un niveau incompressible (3,9%). La dette publique (33,7% du PIB en 2020) est faible, et la valeur de sa réserve de devises étrangères s’élevait fin septembre à près de 544,9 milliards de dollars. Soit la cinquième réserve au monde après la Chine, le Japon, la Suisse et l’Inde. Pour mieux comprendre les raisons de ce succès, voici l’analyse du spécialiste de Taïwan Franck Desevedavy, avocat installé sur l’île depuis 1995.

Capital : Taïwan a présenté avec faste ses nouveaux chasseurs F-16 quelques semaines après avoir annoncé, une première depuis 1979, la présence de soldats américains pour entraîner ses troupes…

Franck Desevedavy : Ces chasseurs F-16 ne constituent pas une réelle nouveauté. Le pays en est équipé depuis les années 1990, au point que l’on peut parler d’une flotte vieillissante, et ces nouveaux F-16 ne sont que les livraisons de commandes anciennes. Si cette version constitue une montée en gamme, il ne s’agit pas des très convoités F-22 ou F-35. Ainsi, le J-20 chinois n’a pas nécessairement à craindre cette nouvelle flotte. Quant à la soudaine "découverte" d’experts militaires américains sur l’île de Taïwan, elle n’étonnera que ceux qui voulaient se persuader du contraire.

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