Une volonté de densifier ses moyens militaires. Ce mercredi 18 juin, CSBC Corporation a annoncé avoir lancé les essais en mer du premier sous-marin de fabrication locale, un «test de navigation flottante». «CSBC Corporation continuera, sur la base des résultats des tests, à ajuster et à améliorer chaque système, et passera à la phase suivante des tests de navigation immergée», a ajouté le constructeur naval taïwanais. Ainsi, le petit Etat insulaire souhaite renforcer sa capacité à mener une «guerre asymétrique» avec la Chine. En effet, cette dernière considère l’île comme une partie de son territoire, et s’est dotée de l'une des plus grandes marines mondiales, avec des sous-marins à propulsion nucléaire mais également des porte-avions.

Le sous-marin testé ce mardi fait partie des huit qui sont livrés dans le cadre d'un programme lancé par l'ancienne présidente Tsai Ing-wen en 2016. Dévoilé en 2023, sa construction avait commencé trois ans auparavant. La marine taïwanaise veut que les essais en mer se terminent d’ici la fin du mois de septembre pour une livraison avant le mois de décembre, selon RFI. L’appareil mesure 80 mètres et pèse de 2 500 à 3 000 tonnes quand il est en mouvement, et dispose de systèmes de combat et de torpilles fournis par Lockheed Martin.

L’opposition a gelé une partie du budget du programme

Pour l’instant, la livraison de ce sous-marin n’est pas du tout actée. Au niveau politique, l’opposition empêche le projet d’aller au bout. Elle a gelé une partie du budget du programme en début d’année, assurant qu’elle souhaitait avoir les résultats des essais en mer en amont pour débloquer les fonds dans un second temps. Certains redoutent particulièrement que les efforts de l’opposition réduisent la volonté de Taïwan à renforcer ses capacités militaires. Dans le même temps, l’archipel s’arme d’équipements agiles comme des drones.