
Il faut de la patience aux habitués des transports en commun marseillais. Depuis octobre 2023, les métros M1 et M2 sont à l’arrêt du lundi au jeudi à partir de 21h30 pour cause de renouvellement des rames – sauf les soirs de match au stade Vélodrome. Date de mise en service ? Pas avant un an. Quant au tramway T3, partiellement stoppé de février à avril, il circule de nouveau, mais il s’arrête une station avant la place Castellane afin de faciliter les essais liés à l’extension de la ligne. Et les usagers devront attendre la fin de l’année pour aller jusqu’au nouveau terminus de La Gaye.
Une ville 2,6 fois plus étendue que Paris
C’est le gros point noir d’une ville qui étire ses 111 quartiers sur une superficie 2,6 fois plus importante que celle de Paris. Le motif d’énervement numéro un des néo-Marseillais. L’une des premières causes de leur désamour pour leur cité d’adoption, parfois (voir page XX). Avec cette aberration qui frappe le visiteur: les lignes de tram doublonnent grosso modo avec celles du métro…
Les nouveaux venus ne sont pas les seuls à râler. Laurent Amar, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie, délégué à la transformation du territoire aux standards internationaux, a la dent dure, lui aussi. “La bagnole est reine ici, peste-t-il. Normal : les transports en commun ne sont pas fiables et le plan Mobilité prend du retard.”
Une fracture encore béante entre les quartiers nord et sud
Le programme Marseille en grand dévoilé en 2021 devait donner un coup d’accélérateur, notamment en érigeant en priorité “la réduction de la fracture entre les quartiers nord et sud”. Quatre ans plus tard, on en est loin. L’extension du T3 vers le sud est presque achevée, alors que la ligne n’atteindra pas la cité de la Castellane, au nord, avant 2030, au mieux. Un bon observateur décrypte : “La Métropole sert d’abord sa clientèle qui n’aime pas le métro et habite au Sud. En prime, les travaux de prolongement sont l’occasion d’une requalification totale des rues concernées.” Pour Martine Vassal, présidente de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence, les différents chantiers en cours sont synonymes de “révolution des transports pour Marseille.” “Notre métro datait de 1977. Le futur sera automatisé, doté de la 4G et accessible aux personnes à mobilité réduite”, plaide-t-elle.
Un concurrent italien sur la ligne TGV
Mais elle le reconnaît, “Tout prend trop de temps. Et il nous reste encore à désenclaver le nord et le sud.” Son objectif affiché de mettre les transports en commun à un quart d’heure maximum de chaque habitant n’est pas pour demain… A défaut de sillonner aisément leur ville en bus, tram ou métro, les Marseillais auront bientôt le choix entre deux compagnies ferroviaires pour aller à Paris. A partir du 15 juin, les Frecciarossa, ou Flèches rouges, les trains à grande vitesse de la société italienne Trenitalia, feront concurrence à la SNCF sur la ligne TGV la plus fréquentée de France. Ils effectueront quatre aller-retours quotidiens entre la capitale et la Méditerranée en 3 heures 20, avec des escales à l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, Avignon et Aix-en-Provence. Peut-être une bonne nouvelle pour le portefeuille des voyageurs…
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